La police française compte en son sein des profileurs, ou physionomistes.
Ces agents, dotés d'une excellente mémoire visuelle, repèrent les voyageurs dont le comportement paraît suspect.
Le 20H de TF1 a suivi l'un d'entre eux dans les transports lillois.

Dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article, nos journalistes se trouvent dans le métro de Lille, où trois policiers patrouillent comme d’habitude. Mounir est avec eux, il est policier aussi, mais physionomiste. "On fait de l'observation, c'est primordial", détaille-t-il face à notre caméra. Depuis quelques années, cet agent a développé un don pour repérer en un clin d'œil, sur le terrain, les gens recherchés. Et il se souvient même d'un visage des années plus tard. 

Ce jour-là, un jeune homme attire son intention. Il l’a vu plusieurs fois dans la journée, alors il l’interpelle. "Je suis passé voir mon frère", se justifie l'individu. Mais les policiers vont retrouver sur lui 18 grammes de cannabis, répartis dans de petits sachets en plastique.

Derrière les couloirs du métro, 120 policiers travaillent discrètement

Quelques minutes plus tard, une autre alerte : dans un TER, un homme menaçait les autres voyageurs, puis est descendu du train, et se trouve désormais dans le métro. Il faut l’interpeller rapidement. Il a été photographié par un voyageur à son insu, puis Mounir récupère la photo sur son téléphone portable. Cet homme passe alors juste devant notre caméra. Pendant l’interpellation, Mounir vérifie la ressemblance avec la photographie sur son téléphone. Il attire notre attention sur "les lunettes", notamment, qui lui ont permis de reconnaitre le suspect.

L’homme est emmené dans un lieu inconnu du grand public : de l’autre côté d’une porte, derrière les couloirs du métro, se cache un commissariat, ou plus précisément le service de sécurisation des transports. 120 policiers y travaillent discrètement. Car le métro, le tramway et les gares de Lille sont filmées en permanence par 4600 caméras, et rien ne leur échappe.

Le travail des agents est de constituer des dossiers vidéos : à partir d'une plainte, ils recherchent toutes les images des caméras de surveillance. "C'est tout le travail d'investigation des opérateurs de la SISTC, qui vont (...) pouvoir reconstituer ce qu'il s'est passé, identifier les mis en cause et extraire des images", détaille le commandant Christophe Voreux, directeur du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC). Une fois le visage du ou des auteurs communiqué aux agents sur le terrain, "c'est là que tout le travail du physionomiste commence, c'est d'identifier l'individu dans une foule".

Dans une autre pièce, nos journalistes retrouvent Mounir. Là, le police s'entraine à mémoriser le visage des individus ayant fait l'objet d'un signalement. "Il y en a des centaines et des centaines", explique-t-il.


La rédaction de TF1info | Reportage Sébastien Hembert, Zack Ajili

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