Très souvent, les affaires criminelles sont résolues grâce à des indices relevés puis analysés par la police scientifique.
Ils sont conservés dans des scellés qui, malheureusement, sont parfois détruits faute de place après quelques années.
Regardez cette enquête du 20H de TF1.

Au bout de ce couloir se cache peut-être la solution à des dizaines d'affaires criminelles. Un fusil utilisé dans du trafic de stupéfiants, ou encore une veste tachée de sang : dans la salle des scellés, où cartons et enveloppes sont entassés sur les étagères, chaque sac renferme des éléments primordiaux à la résolution des enquêtes. "Tous nos scellés sont classés, nous avons aussi des scellés congelés : des ongles ou encore des préservatifs dans le cadre de viols", dévoile Christel Sire-Coupet, Directrice du laboratoire de police de Paris, dans l'enquête du 20H de TF1 ci-dessus. 

"Les scellés ont besoin d'être conservés entre 18 et 24 degrés. Les ennemis de la chaleur sont la lumière, la chaleur, et l'humidité", ajoute Christel Sire-Coupet. Pendant des années pourtant, les policiers ont confectionné les scellés avec une simple enveloppe et de la cire, comme le montre notre reportage.

Éléments décisifs de l'enquête

Un travail précautionneux sur lequel comptaient Valérie Antier et Jérôme Blamana. Ils espèrent, depuis 34 ans, que leur scellé puisse confondre le meurtrier de leur mère. Danièle Bernard a été frappée en 1989 par un tisonnier, une longue barre de fer qui sert à attiser le feu. Mais ce scellé a été détruit sur ordre d'un juge, une fois l'affaire classée. "Je ne comprendrai jamais pourquoi on envoie à la destruction un scellé tant que l'histoire n'est pas résolue", se désole Valérie Antier. 

Le pôle "cold case" a décidé de rouvrir l'enquête. Les juges tentent de regrouper les scellés restants. Mauvaise surprise : certains sont introuvables. "La juge d'instruction nous a dit qu'elle allait descendre dans les archives, pour voir s'il n'y avait pas quelque chose qui traîne à tout hasard... je comprends mieux pourquoi on n'a toujours pas trouvé le meurtrier", s'offusque le frère de Valérie, assis à côté d'elle. 

Pour leur avocat, Me Didier Seban, il faut interdire la destruction des scellés. "Dans certaines affaires, on a réutilisé des scellés qui avaient été analysés il y a quinze ans. Et ces scellés ont parlé. Grâce aux progrès de la science, une petite trace, même dégradée, représente encore un espoir de retrouver de l'ADN", affirme-t-il. Aujourd'hui, des millions de scellés dorment dans les sous-sols des tribunaux. 

Plusieurs rapports dénoncent la mauvaise gestion des scellés. Depuis, le ministère de la Justice tente de rattraper les erreurs du passé : "On a créé un logiciel spécifique pour les scellés. Il comporte 60 millions de données avec un moteur de recherche, qui permet de retrouver un scellé parmi toutes les procédures en France", détaille auprès de TF1 Cédric Logelin, porte-parole du ministère de la Justice. 


M.T TF1 | Reportage Maurine Bajac, Victor Gauquelin, Pierre Brame

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