La semaine dernière, les douaniers ont arraisonné un voilier dans le golfe de Gascogne, avec plus de 400 kilos de cocaïne à bord.
Une prise qui témoigne de l'accélération du trafic de drogue vers l'Europe et la France.
Le JT de TF1 décrypte le phénomène.

Un voilier en flammes au milieu des flots. C’est l’image, peu banale, qui ouvre le reportage du JT de TF1, dans la vidéo en tête de cet article, consacré à l’essor du trafic de drogue par voie maritime à destination de l’Europe, et de la France en particulier. La scène s’est déroulée jeudi dernier dans le golfe de Gascogne. Le bateau, battant pavillon polonais, a été incendié par son propre équipage, constitué de deux ressortissants espagnols, pour faire disparaître la cocaïne à son bord avant l'arrivée des douaniers. Lesquels sont néanmoins parvenus à en extraire quelque 406 kilos de drogue. Si de telles saisies sont fréquentes dans les ports, elles restent extrêmement rares au large des côtes françaises. "De mémoire, ça fait près de 20 ans qu'on n'avait pas fait de prise aussi importante en mer dans cette zone de l'Atlantique", précise Alban Simon, capitaine de frégate.

Cette embarcation avait en fait été pistée depuis son départ de Guadeloupe, zone où les saisies de cocaïne se multiplient à un rythme inédit. Début mai, 1.200 kilos ont été interceptés sur un voilier au large de la Martinique. Il y a deux semaines, 2.400 kilos ont été découverts sur un bateau de pêche vénézuélien. Au total, les autorités ont saisi 11 tonnes de cocaïne dans les Antilles en 2023... Et elles en sont déjà à plus de 20 tonnes sur les cinq premiers mois de l'année 2024. "Deux raisons expliquent ce départ massif de cocaïne. D’abord, il y a quasiment eu un doublement de la production de cocaïne en Amérique du Sud. Ensuite, on se détourne un peu de la cocaïne en Amérique du Nord. Il faut donc bien trouver des débouchés. Et ces débouchés, c'est l'Europe de l'Ouest et la France", explique Clarisse Taron, procureure de la République en Martinique.

Autre saisie récente : au large des côtes africaines, sur un chalutier et un voilier, deux embarcations, elles aussi, beaucoup plus petites que les porte-conteneurs habituellement utilisés par les trafiquants. "Est-ce qu’il y a un mouvement de bascule vers les voiliers et les bateaux de pêche ? Il est trop tôt pour tirer ce type de conclusion, mais c’est sûr que c’est un point d’attention très important pour nous", indique à TF1 Sébastien Tiran, président (par intérim) de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières). Pour Jérôme Sentenac, chef du pôle stratégie de l’Office antistupéfiants, cité par Le Monde, "ces épisodes, qui s’étendent à l’échelle européenne, témoignent d’une stratégie d’adaptation des groupes criminels consistant à assurer la transmission des cargaisons de cocaïne en haute mer en évitant les grands ports les plus surveillés"


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Julien Cressens, Tara Lagoutte

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