Depuis le début des tensions en Nouvelle-Calédonie, de nombreux commerces et entreprises ont été pillés et incendiés à Nouméa.
Des patrons et des salariés se relaient sur place pour éviter les vols et les destructions.
Les envoyés spéciaux de TF1 ont pu survoler et se rendre dans le secteur des entreprises, d'où s'élèvent des colonnes de fumée.

À bord d'un hélicoptère survolant Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, les journalistes de TF1 repèrent au premier coup d'œil, dans la vidéo du 13H ci-dessus, les fumées s'élevant de certaines zones sinistrées. Un feu continu qui consume en particulier le secteur des entreprises, le poumon économique de la ville, où des bâtiments ont dernièrement été pillés et incendiés. "C'est impressionnant", commente notre envoyé spécial Michel Scott.

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Alors que règne un calme très précaire et qu'aucune issue à la grave crise que vit l'archipel du Pacifique du Sud ne se dessine ce lundi, la chambre de commerce et d'industrie (CCI) a appelé à "préserver le peu qu'il reste" de l'économie calédonienne, évoquant des "conséquences" économiques et sociales "déjà catastrophiques". Selon la CCI, 150 entreprises ont été "pillées et incendiées", et la zone industrielle de Ducos, "véritable poumon économique de la Nouvelle-Calédonie, est abandonnée à son sort".

Des enseignes dévastées

En sillonnant des routes aux abords desquelles sont installées des entreprises,  on voit des bâtiments saccagés et des voitures brûlées. Christophe Vesselhy, cadre dans une société de miroiterie, emmène notre équipe dans le quartier de Ducos, cerné par les pillards et les émeutiers. Tout y a été dévasté, y compris des enseignes commerciales. Au pied de bâtiments éventrés par le feu, des détritus jonchent encore le sol.

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Quant à la société de Christophe Vesselhy, qui employait une dizaine de salariés, elle n'existe tout simplement plus. L'entièreté de son commerce a brûlé. Ne restent plus que des monceaux de cendres et des poutres détruites. Alors que le cadre fait visiter son entreprise détruite face à notre caméra, des affrontements se produisent en même temps et le bruit des grenades de désencerclement se fait entendre. Des gendarmes mobiles repoussent des assaillants à la périphérie du secteur. 

"Tout est à l'arrêt"

Pour les entreprises qui n'ont pas été touchées, seule une présence 24h/24 des salariés permet de protéger les outils de travail. "Tout est à l'arrêt et on n'a toujours pas de forces de l'ordre pour défendre les entreprises. Elles sont à la merci des flammes et des pilleurs", déplore Christophe Vesselhy.

Et l'impact sera fort pour tout le monde, alors que la crise a mis des dizaines de milliers de personnes au chômage technique. "Tout est arrêté, je ne sais pas comment les gens vont être payés", s'inquiète un habitant. Pour l'instant, le bilan se chiffrerait à près de 300 millions d'euros de dégâts. Un coût colossal pour la Nouvelle-Calédonie, qui était déjà en crise avant cette semaine d'émeutes en réaction à une réforme du corps électoral décriée par les indépendantistes


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Michel Scott, Fabrice Amzel

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