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VIDÉO - "Il y a eu une forme d'abus de pouvoir" : Sophie Tissier, accusatrice d'Éric Coquerel, témoigne sur LCI

Idèr Nabili
Publié le 13 juillet 2022 à 23h13
JT Perso

Source : TF1 Info

Le parquet de Paris a ouvert mardi une enquête préliminaire pour agression et harcèlement sexuels à l'encontre d'Éric Coquerel.
Le député insoumis est accusé par Sophie Tissier, ancienne membre des Gilets Jaunes, de faits pouvant "s'apparenter à une agression sexuelle".
Elle témoigne ce mercredi sur LCI.

Éric Coquerel visé par une enquête. Le parquet de Paris a ouvert cette semaine une enquête préliminaire contre le député de La France insoumise (LFI) et président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, après une plainte déposée la semaine dernière par Sophie Tissier. Cette ancienne membre des Gilets Jaunes accuse l'élu de Seine-Saint-Denis d'avoir eu, en 2014, lors d'une université d'été du Parti de gauche, un comportement "pouvant s'apparenter à une agression sexuelle", ce qu'Éric Coquerel nie.

"À l'époque, je n'avais pas porté plainte parce que je n'avais pas complètement conscience de la gravité des faits", explique-t-elle ce mercredi sur LCI (voir vidéo en tête de cet article). "Pour moi, ce n'était pas pénalement répréhensible. Au vu de ce qu'il s'est passé ce soir-là, je peux maintenant affirmer qu'il s'agissait d'une agression sexuelle et de harcèlement." Début juillet, Sophie Tissier avait indiqué à TF1info qu'Éric Coquerel s'était "collé" à elle, "approché comme pour (la) renifler" et avait "les mains baladeuses", lui "effleurant souvent les fesses".

"Je ne sais pas si les faits sont totalement prescrits"

"Je suis contente que l'enquête soit ouverte", indique-t-elle désormais. "Ma satisfaction est que la parole de la victime que je suis puisse être prise au sérieux. Il y a eu une forme d'abus de pouvoir." Les faits pourraient toutefois être prescrits, le délai maximum étant de six ans pour porter plainte en cas de délit. "Je ne sais pas si les faits sont totalement prescrits", veut croire Sophie Tissier. "D'après mon avocat, le parquet peut poursuivre puisque la parole des femmes se libère."

Quelques heures après la décision du parquet de Paris, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a réitéré sa "complète solidarité" avec Éric Coquerel, dénonçant une "mesquine réplique destinée à le salir sans cause".

"C'est déplorable", réagit Sophie Tissier. "Cela révèle leur mentalité. À l'époque où je fréquentais le Parti de gauche, j'ai ressenti ce sexisme et ce machisme primaire", assure-t-elle. "Je ne me suis pas sentie en sécurité dans ce parti. On a voulu me faire passer pour une 'emmerdeuse'. (Jean-Luc) Mélenchon et (Éric) Coquerel n'ont pas conscience des dégâts que cela fait de traiter une femme comme cela, comme un corps réduit à l'état d'objet sexuel."

Elle dénonce également le traitement dont elle assure avoir été l'objet il y a huit ans. "Lorsque j'étais invitée aux universités d'été, c'était pour intervenir dans des conférences", confie-t-elle. "Or, je n'ai même pas eu le droit à la parole et je me suis retrouvée harcelée par (Éric) Coquerel. Voilà l'état du féminisme de la France insoumise."

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Malgré cette plainte, Sophie Tissier "ne demande pas personnellement la démission" d'Éric Coquerel de son poste de président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale et de son siège de député, ni que Jean-Luc Mélenchon pousse en ce sens. "Mais s'ils sont cohérents avec leurs principes, ils doivent le faire", déclare-t-elle toute de même. "Ce serait un geste fort de respect de la parole des femmes."


Idèr Nabili

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