Suicide de Lucas : sa mère envisage de se pourvoir en cassation après la relaxe des 4 adolescents poursuivis pour harcèlement

par Antoine LLORCA | Reportage TF1 : Jeanne Quancard, Vincent Dietsch
Publié le 7 novembre 2023 à 11h45

Source : JT 20h Semaine

Les quatre adolescents soupçonnés d’avoir harcelé Lucas, collégien de 13 ans qui s’est suicidé en janvier 2023, ont été relaxés en appel lundi 6 novembre 2023.
Un jugement qui illustre la difficulté pour prouver que des propos ont directement causé le suicide d’une personne.

Pour la mère de Lucas, présente lors d’une marche blanche en février 2023, la décision de la cour d'appel est un "choc". Son avocate a réagi dans la foulée à cette annonce. "Cette décision est évidemment un choc pour la mère de Lucas", a réagi Me Catherine Faivre, qui dit étudier "la possibilité d'un éventuel pourvoi" en cassation. "Le système judiciaire aujourd'hui ne répond pas à la réalité vécue par les victimes de harcèlement scolaire qu'il convient de protéger", a encore déploré l'avocate.

En juin dernier, les quatre collégiens ont été reconnus coupables de harcèlement envers Lucas. Les avocats de la défense ont alors fait appel de la décision. Lundi, ils ont finalement été relaxés. Dans sa décision, la Cour a relevé le caractère "odieux" de propos tenus par les prévenus, deux garçons et deux filles, "entre le 1er septembre 2022 et début octobre 2022". Cependant, elle souligne "l'absence d'effet démontré" de ces propos "sur la santé mentale de Lucas", et pointe l'absence de "lien de causalité" avec le suicide du collégien, survenu plusieurs semaines plus tard.

Un pourvoi en cassation envisagé

Le 7 janvier dernier, Lucas, 13 ans, s’est suicidé chez lui. La famille de l’adolescent a alors dénoncé des faits de harcèlement, des moqueries et des insultes à caractère homophobe dont Lucas se disait victime. Quelques semaines après le drame, sa mère s’était adressée à ceux qu'elle considère comme les harceleurs. "Ils ont l'âge de Lucas (...) Je suis quand même obligée de leur en vouloir, mon fils n'est plus là parce qu'ils ont été méchants avec lui", avait-elle lancé, la voix étranglée par l'émotion.

Prouver le harcèlement est un combat difficile pour les associations. "Le système pénal est très mal outillé pour pouvoir appréhender des auteurs de faits qui sont extrêmement difficiles à prouver (...) On a une difficulté à pouvoir ramener une preuve qui soit solide", déplore Philippe Cohen, président de l'association Respect Zone, dans la vidéo en tête de cet article. 

Dans certaines affaires, des élèves sont parfois reconnus coupables après des années de procédure. Ça a été le cas pour les harceleurs de Juliette, 15 ans, qui a mis fin à ses jours en 2016. Aujourd’hui, pour la mère de Lucas, c’est un nouveau combat qui commence. Selon son avocate, elle compte se pourvoir en cassation.


Antoine LLORCA | Reportage TF1 : Jeanne Quancard, Vincent Dietsch

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