À Rouen, un homme a tenté de mettre le feu à la synagogue de la ville ce vendredi matin.
Armé d'un couteau, il a été abattu par les forces de l'ordre.
L'épouse du rabbin, présente au moment des faits, a accepté de témoigner pour le 20H de TF1.

Des centaines de Rouennais se sont rassemblés en silence devant la mairie de la ville, après l'incendie de la synagogue ce vendredi matin. À l'intérieur du lieu de culte, des murs sont calcinés, et un pupitre noirci par les fumées, comme on le voit dans le reportage du 20H en tête de cet article. Les rouleaux de la Torah, tout proches du départ du feu, ont été sauvés des flammes in extremis. "On a eu un grand miracle, les livres de la Torah, les livres sacrés (...) n'ont pas été touchés", a déclaré Natacha Ben Haïm, la présidente de la communauté juive de Rouen.

C'est choquant et c'est troublant, mais on continuera à vivre comme il faut
Épouse du rabbin de Rouen

C'est l'épouse du rabbin qui a ouvert aux pompiers. Elle a accepté de témoigner pour TF1, à visage caché, pour sa sécurité. "Tout à coup, on entend quelqu'un hurler, des coups de feu", raconte-t-elle, "quand j'ai su que c'était un meurtrier comme ça, ça nous a mis la boule au ventre". "C'est choquant et c'est troublant, mais on continuera à vivre comme il faut", assure-t-elle.

Demande d'asile rejetée

À 6h45 du matin, les policiers ont repéré par vidéosurveillance un homme qui tentait de mettre le feu. À leur arrivée, après leur avoir jeté une barre de fer, le suspect s'est précipité sur eux, armé d'un couteau. L'un des officiers a fait feu à cinq reprises, touchant quatre fois l'homme de 24 ans. Originaire d'Algérie, il faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire (OQTF) après le refus de sa demande d'asile pour raisons médicales, comme l'a précisé le ministre de l'Intérieur sur place dans l'après-midi. Il n'était en revanche pas fiché S, et était inconnu des services de police.

Chaque jour, depuis le mois dernier, les policiers surveillent sans relâche les lieux de culte. Une protection indispensable, souligne Élie Korchia, président du Consistoire central israélite de France. "Nous sommes et nous resterons vigilants", a-t-il déclaré, "particulièrement en cette période, parce que nous savons bien qu'il y a des personnes qui portent la haine de l'autre". Le policier qui a tiré sera décoré, a annoncé Gérald Darmanin.


La rédaction de TF1info | Reportage : M. Bajac, S. Chevallereau, C. Jouaneau

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