Plusieurs centaines de personnes ont déposé plainte ces derniers mois à Paris contre les dirigeants de l'ex-plateforme d'investissements en cryptoactifs OmegaPro.
Des épargnants ont cru au mirage d'investissements ultra-rentables dans les monnaies virtuelles.
L'un d'entre eux témoigne face aux caméras du 20H de TF1.

Ils pensaient faire fortune sans lever le petit doigt. Tripler sa mise en seulement seize mois, c’était la promesse d’un site d’investissement en cryptomonnaies, ces fameuses monnaies numériques. Il y a deux ans, lorsqu’il a vu passer sur son écran l'annonce publicitaire d'OmegaPro, Kevin n’a pas hésité une seconde. "On se dit, en fait, pourquoi pas nous, tout simplement. Pour moi, le truc était crédible et, connaissant l’essor des cryptomonnaies, les rendements qu'ils pouvaient promettre étaient clairement intéressants", explique le jeune homme au micro de TF1, dans la vidéo du 20H ci-dessus.

Au début, Kevin encaisse de jolis bénéfices. Pensant avoir flairé le bon filon, il finit par investir jusqu’à 50.000 euros. Mais en juillet dernier, le site disparaît du jour au lendemain, laissant ces épargnants sur le carreau. "Il y a de la colère parce qu’on se dit : comment j’ai pu être aussi bête ?", déclare, dépité, le jeune homme. Les malfrats ont misé sur une valeur sûre, la naïveté des victimes, aveuglées la promesse de l'argent facile et de profits rapides. Car Kevin est loin d'être le seul à s’être fait piéger par ces escrocs zélés. 

Avant de disparaître, les malfrats ont effacé leurs traces

Sur un forum de discussions, des milliers de personnes témoignent. "J’ai perdu 1500 euros. J’ai joué, j’ai perdu", explique un investisseur berné. "On nous a brisés à tous les niveaux", écrit un autre. À ce jour, au moins 1800 plaintes ont été déposées par des victimes. Retrouveront-elles un jour leur argent ? C'est peu probable. Avant de disparaître, les malfrats ont brouillé les pistes. Afin d'éviter qu’on puisse remonter à eux, ils ont immatriculé leur société au Royaume-Uni, à Dubaï, au Panama puis à Saint-Vincent-et-les-Grenadine, une île caribéenne connue pour son laxisme fiscal.  

Face à la caméra de TF1, l'avocat Mourad Battikh, qui représente 70 victimes de cette escroquerie, reconnaît qu’il sera difficile pour ses clients d’être remboursés, "dans la mesure où les suspects se trouvent aux quatre coins de la planète. Néanmoins, nous utilisons toutes les voies de recours, toutes les voies procédurales, pour tenter de les appréhender et faire en sorte qu’ils remboursent", assure-t-il. Les escrocs n’ont pas seulement sévi en France. Des victimes se manifestent aussi en Suisse, en Belgique ou encore au Portugal.


M.D. | Reportage : Julien Cressens et Kevin Gaignoux

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