Malaise dans la police après l'incarcération d'un agent de la BAC suspecté de violences

TÉMOIGNAGE - "Nous ne sommes pas des sous-citoyens" : la colère de policiers après l'incarcération d'un agent à Marseille

par La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Florian Litzler, Emmanuelle Binet et Vincent Capus
Publié le 26 juillet 2023 à 11h04
JT Perso
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Source : JT 20h Semaine

Soupçonné de violences policières, un agent de la BAC de Marseille a été placé en détention provisoire la semaine passée.
L'annonce a déclenché une fronde parmi les policiers, qui se poursuit toujours, principalement dans le sud-est de la France.
Parmi des centaines de fonctionnaires qui se sont mis en pause ou en arrêt maladie, deux d'entre eux ont accepté d'expliquer à TF1 pourquoi ils en sont arrivés là.

En neuf ans passés dans la police, c'est la première fois qu'il a demandé à son médecin de lui signer un arrêt maladie. Membre de la brigade anticriminalité (BAC), Jérémy (le prénom a été modifié) soutient son collègue de Marseille, placé en détention provisoire la semaine dernière, une décision qui a déclenché un mouvement de protestation au sein des forces de l'ordre. Mis en examen, il est soupçonné d'avoir roué de coups un jeune homme lors des violences urbaines survenues fin juin, suite à la mort d'un adolescent tué par un policier à Nanterre. "On a un mot d'ordre entre nous : tant que notre collègue policier sera en prison, nous resterons à la maison", explique Jérémy à visage caché dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article. 

"Il y a un vrai ras-le-bol, j'ai plus de quinze ans de police et je n'ai jamais vu ça", abonde Delphine (prénom également modifié), policière en service de nuit, qui s'exprime, elle aussi, à visage couvert. Si cette vague de contestation reste difficile à mesurer, les syndicats policiers du sud-est de la France en particulier recensent plusieurs centaines d'arrêts maladie, tandis que certains fonctionnaires se contentent d'un service minimum, en recourant au "code 562", un jargon policier signifiant qu'ils n'assument plus que les missions d'urgence et essentielles. 

"Il fallait un coupable, on en a trouvé un"

Les deux agents interrogés par TF1 assurent ne pas s'opposer à un éventuel jugement de leur collègue. "Si un policier fait mal son travail, qu'il est hors des clous, qu'il soit jugé et reconnu coupable, il n'y a pas de soucis. Nul n'est au-dessus des lois", affirme Jérémy, une règle rappelée par le président Emmanuel Macron lui-même. "Mais nous ne sommes pas des sous-citoyens, nous ne sommes pas non plus en dessous des lois", défend-il pour autant.

Le problème vient selon eux du placement en détention provisoire, une décision injuste à leurs yeux : elle aurait été motivée par le fait que le suspect soit policier, assurent-ils. Une sévérité à laquelle échappent à l'inverse de nombreux délinquants, selon eux. "Beaucoup de nos clients habituels, comme nous les appelons, sont interpellés une, deux voire trois fois dans le mois, et à chaque fois, c'est pareil, ils sont remis en liberté après une simple garde à vue, avec une convocation", insiste l'agent de la BAC. "On a l'impression qu'il fallait un coupable, pour calmer les ardeurs et éventuellement qu'il n'y ait pas d'autres émeutes, et on en a trouvé un", lâche aussi Delphine.

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C'est la goutte d'eau pour ces policiers, qui se disent déjà poussés à bout : "on manque d'effectifs, on est pressés comme des citrons, on nous demande quoiqu'on en dise du chiffre, tout est compliqué", égrène l'agente. Cette fonctionnaire et plusieurs autres contactés par TF1 l'assurent, ils attendent pour reprendre le travail que la justice fasse preuve, non pas d'impunité, mais d'impartialité.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Florian Litzler, Emmanuelle Binet et Vincent Capus

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