Devant la chambre de l'instruction d'Aix-en-Provence, le policier accusé d'avoir blessé Hedi a reconnu un tir de lanceur de balle de défense.
Il explique, dans le même temps, ne pas se souvenir d'avoir blessé quelqu'un.
Jusqu'ici, le fonctionnaire de police niait avoir utilisé son LBD en marge des émeutes survenues à Marseille.

Il a décidé de prendre la parole spontanément dès le début de l'audience, jeudi 3 août. Alors qu'il niait en bloc jusqu'à présent, le policier de 35 ans, soupçonné d'avoir gravement blessé au crâne le jeune Hedi, a reconnu pour la première fois avoir fait usage d'un LBD, un lanceur de balles de défense. Une prise de parole intervenue lors de l'audience devant la chambre de l'instruction d'Aix-en-Provence devant statuer sur son maintien ou non en détention.

En l'état actuel de ses déclarations, sa version reste différente de celle portée par le jeune homme et ses proches. Selon le fonctionnaire de police, le 2 juillet dans la soirée, à Marseille (Bouches-du-Rhône), lui et trois autres policiers aperçoivent deux individus. Dans sa déclaration liminaire, le policier explique que l'un des individus est sur le point de lancer un projectile. C'est à ce moment qu'il décide de tirer. 

Il assure en revanche ne pas se souvenir d'avoir blessé qui que ce soit. "J'ai vu que tout le monde était debout [...] évidemment que si une personne avait été inconsciente au sol ou présentant des blessures graves, elle aurait été immédiatement prise en charge", raconte le policier de la brigade anticriminalité (Bac) de Marseille.

Cet aveu est un aveu coupable.
Me Jacques-Antoine Preziosi, avocat de Hedi

Malgré cette déclaration, l'avocat de Hedi, Me Jacques-Antoine Preziosi, reste persuadé que le policier n'a pas encore dit toute la vérité. "Cet aveu est un aveu coupable à tous les égards. Il est coupable d'avoir tiré parce qu'il n'avait pas de raison de tirer. Il est coupable d'avoir encore menti. Il raconte des choses totalement incohérentes, comme le sont toutes les déclarations dans ce dossier", a-t-il estimé dans la matinée jeudi. L'avocat du policier, lui, n'a pas souhaité répondre aux questions des journalistes. 

L'avocat général a requis le maintien du policier en détention provisoire. La chambre de l'instruction a suivi le parquet et a confirmé le placement en détention du suspect. Dans cette affaire, trois autres fonctionnaires de police ont été mis en examen.


La rédaction de TF1info | Reportage : Antoine Bourdarias, Charlotte Gerbelot et Maroine Jit

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