Le 20h

VIDÉO - Affaires non élucidées : deux enquêteurs amateurs livrent leurs secrets

Virginie Fauroux - Reportage vidéo : Maurine Bajac, David Salmon et Manon Debut
Publié le 8 décembre 2022 à 10h32
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les "cold cases", ces affaires criminelles non résolues, ont toujours passionné le public.
Mais certains ont décidé de s'improviser détectives pour tenter de résoudre ces énigmes.
Le 20H de TF1 est allé à la rencontre de ces nouveaux Sherlock Holmes.

Qui sont ces amateurs qui s'improvisent enquêteurs ? Insaisissables, travaillant dans l'ombre depuis leur fauteuil de bureau, sans autorisation de la police, ils tentent de résoudre les plus anciennes affaires criminelles. Le tout dans la plus grande discrétion. C'est le cas de cet homme - nous l'appellerons "Bruno" - que le 20H de TF1 rencontre dans la vidéo en tête de cet article. Nous n'aurons aucune information sur sa vie personnelle. Il dévoilera seulement sa passion : mettre un nom sur les cadavres. "Vous voyez le regard de la personne qui est morte, c'est un peu glaçant, c'est intrigant. L'important, c'est d'essayer de lui rendre son identité"

Des heures de travail

Pour la première fois, Bruno a accepté de livrer ses secrets d'enquêteur amateur. Par sécurité, il souhaite garder l'anonymat. Aucun article de presse ne lui échappe. Il retrace le parcours des criminels, recense les avis de recherche, épluche les fichiers des personnes disparues, cela représente des heures de travail. Du coup, il y passe tout son temps libre. Chaque information est ensuite répertoriée sur des cartes. "Les ronds bleus, c'est des corps non identifiés mâles, les rouges, c'est des criminels", explique-t-il.

Grâce à ses recherches, cet amateur a résolu une disparition, vieille de 33 ans. En 2004, un corps est exhumé à Verdun, sans identité. "J'ai voulu savoir qui était cette femme et du coup, j'ai cherché des avis de disparition", précise-t-il. Bruno fait le lien avec une personne aux Pays-Bas, Elisabeth Wessels. Sur son avis de recherche, tout coïncide : 1 m 70, la trentaine, des problèmes dentaires. "Je me suis dit : 'c'est elle, c'est obligé'. J'ai appelé la PJ. J'ai juste dit : 'je pense que votre disparue est enterrée sous X au cimetière de Verdun'", détaille-t-il. Confirmation de la police, il s'agissait bien d'Élisabeth Wessels.

Découvrir la clé du mystère

Ces enquêteurs amateurs sont tous fascinés par les tueurs en série. C'est notamment le cas de Faycal Ziraoui. Pendant le confinement, il s'est fixé un défi : trouver l'identité du "zodiac", le plus célèbre serial killer américain des années 70. "Je me retrouve vraiment embarqué, quitte à parfois me coucher à trois heures du matin ou à faire des nuits blanches, animé par la conviction que la solution est imminente", témoigne-t-il. 

Depuis des décennies, les services de police américains tentent de décoder les lettres du "zodiac", mais sans y parvenir. Ce polytechnicien va y dédier ses nuits, pour enfin découvrir la clé du mystère. "La vraie clé qu'il faut utiliser, c'est ce qui permet d'associer les symboles que le Zodiac utilise à des lettres de l'alphabet", dévoile-t-il. L'identité du tueur est révélée sous ses yeux : Lawrence Kane. Il serait responsable de cinq meurtres et de deux tentatives. Un secret levé 50 ans plus tard.

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Mais pour Faycal comme pour Bruno, leur but est avant tout d'apporter des réponses aux familles. "J'étais content, j'étais fier d'avoir fait une bonne action, d'avoir rendu un sens à la famille pour Elisabeth Wessels. Et puis, pour la police, c'est juste comme ça pour aider, pour qu'ils arrivent à résoudre l'affaire", assure Bruno. Ce dernier a reçu une lettre de remerciement de la famille et quelques cadeaux de la police néerlandaise. En France, en revanche, le travail des enquêteurs amateurs reste considéré par les policiers comme une entrave à leurs enquêtes. 


Virginie Fauroux - Reportage vidéo : Maurine Bajac, David Salmon et Manon Debut

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