Les arnaques au faux banquier ont bondi de 80% en 2023.
Un mode opératoire aujourd’hui tellement sophistiqué, que même les plus méfiants peuvent se faire avoir.
Le 20H de TF1 explique son mécanisme, et rappelle comment s'en prémunir.

Derrière leurs ordinateurs, ils font chaque année des milliers de victimes. Les policiers les surnomment "les escrocs du Allô". C'est la base de leur mode opératoire, contacter leurs victimes par téléphone en leur assurant : "Allô, c'est votre banquier". Leur bagout est tel qu'ils ont inscrit à leur tableau de chasse l'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, ou encore l'ex juge antiterroriste, Jean-Louis Bruguière.

C'est comme si vous vous trouviez d'un seul coup hypnotisé par cette voix
Jacqueline, victime d'une arnaque au "Allô"

Il y a quelque temps, Jacqueline Joubert a, elle aussi, reçu un coup de fil d’un soi-disant conseiller de sa banque, comme elle l'explique dans le reportage du 20H en tête de cet article. L'homme prétend avoir repéré 13.000 euros de dépenses frauduleuses sur son compte, mais jure qu’il va pouvoir facilement la rembourser. En appuyant sur le bouton "valider", apparu sur son téléphone, elle vient en fait d’autoriser le faux conseiller à lui débiter ces 13.000 euros.

La voix de son interlocuteur lui a inspiré une confiance aveugle. "Il était très calme", explique-t-elle au micro de TF1, "c'est une voix enjôleuse, c'est comme si vous vous trouviez d'un seul coup hypnotisé par cette voix". Comme tant d'autres avant elle, Jacqueline n'a rien vu venir, et s'en veut : "Je me suis fait avoir comme une bleue !".

Un service dédié à la P.J.

Pour parvenir à leurs fins, les aigrefins ont deux armes redoutables. Petits malins en informatique, ils parviennent d’abord à vous appeler depuis le véritable numéro de téléphone de votre banque. Ils ont ensuite un scénario parfaitement rodé, avec le jargon et les arguments d’un vrai banquier. Au sein de la police judiciaire parisienne, un service est dédié à la traque de ces voyous "2.0". 

Avant d'appeler, les escrocs ont généralement déjà réussi à dérober toutes les données financières de leur victime. Ces données sont elles-mêmes l'objet de transactions entre délinquants sur des messageries cryptées. Certains de ces faux conseillers bancaires vendent même leur savoir-faire, et proposent des "sessions de formation" en ligne. 

Au sein de "Cyber-malveillance", la plateforme de l'État chargée d'alerter, et de conseiller les victimes, un seul mot d'ordre : "vigilance". "Vous raccrochez, et vous rappelez directement le service clients de votre banque pour vous faire confirmer l'information, s'il y a effectivement des mouvements frauduleux" sur votre compte, préconise Jean-Jacques Latour, directeur de la cyber-sécurité du site gouvernemental. "Vous rappelez le numéro habituel, vous ne faites pas confiance au numéro qui vous appelle", insiste-t-il. 


La rédaction de TF1info

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