Les dégradations et les pillages de bâtiments publics et de commerces se multiplient ces derniers jours.
Les sociétés de sécurité, elles, sont débordées de demandes, et ne peuvent pas répondre à toutes les sollicitations.
Le 20H de TF1 s'est penché sur le phénomène.

D’une grande surface dans le Loiret, à une boutique au cœur de Paris, les commerçants tentent coûte que coûte de renforcer la protection de leur magasin par leurs propres moyens. Pour ce faire, ils font appel à la sécurité privée. Ainsi, dans un garage de Seine-Saint-Denis, un représentant de société de sécurité de protection a doublé les effectifs depuis le début des émeutes. "Ici, on est sur un site qui est particulièrement sensible. Pour la simple raison qu'il n'y a pas de rideau [métallique] sur la structure, que la barrière est basse et que le quartier est un peu sensible. La sécurité est renforcée depuis quatre jours maintenant, 24h/24", détaille Abdelhamid Feddeoui, président du Groupement des entreprises de sécurité (GES), devant un magasin Peugeot.

Et de préciser, face à la caméra du 20H de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article, qu'une telle sécurité coute chaque nuit un montant qui "varie entre 700 et 1000 euros."

Il manque de vigiles pour les JO de Paris

Ce dirigeant d'entreprise n’avait jamais vu un tel afflux de demandes de sécurité, venues de toute la France. "Les mairies, les boutiques, les concessions automobiles, les écoles privées, des bijouteries, des banques... La demande est énorme. Et on arrive à faire face avec les moyens que nous avons", poursuit-il.

Philippe Alauze tente, lui aussi, de préserver son commerce. Ce buraliste en banlieue parisienne, habituellement ouvert le dimanche, a décidé de laisser son rideau baissé, dimanche 2 juin, pour préserver ses équipes. "Le personnel était un peu sous tension ces derniers temps. (...) C'est devenu très anxiogène pour les buralistes", précise-t-il.

Ce commerçant a donc fait appel à la sécurité privée deux nuits de suite, pour protéger son établissement. Cela représente un coût total de 1000 euros, pris en charge par son assurance.

Mais les sociétés de protection ont du mal à trouver des vigiles volontaires pour couvrir ce type de mission dans les quartiers sensibles. "Le troisième jour, la boite de sécurité n'a pas pu continuer à venir parce que sur différents points ils ont été attaqués. Et donc, il y a une grande crainte pour ces organisations", poursuit Philippe Alauze.

Des difficultés de recrutement dans un secteur qui manque déjà de bras. Les métiers de la sécurité emploient 200.000 personnes dans toute la France, et il en faudrait 25.000 de plus pour couvrir les besoins, notamment à l’approche des Jeux olympiques de Paris 2024.


La rédaction de TF1info | Reportage J. Roux, G. Bertrand, J.F. Drouillet

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