Fausses alertes et vraies descentes de police : qu'est-ce que le "swatting", qui se propage en France ?

par La rédaction de TF1info | Reportage : Lise Cloix, Alexandra Vieira, Raphaël Maillochon
Publié le 4 mars 2024 à 6h00

Source : JT 20h WE

Le swatting est un canular téléphonique consistant à appeler les services de secours en rapportant une fausse information pour provoquer une intervention policière.
Ce phénomène, venu des États-Unis, est en hausse en France, ces dernières années.
Les personnes à l'initiative d'un tel appel risquent pourtant jusqu'à deux ans de prison.

Il est minuit lorsqu'une trentaine de policiers interviennent dans un pavillon de Seine-et-Marne, ce lundi 26 février. Équipés de gilets pare-balles, d'armes à feu et d'un bouclier, ils s'introduisent dans le bâtiment, aux dépens des propriétaires, totalement déconcertés.

Un faux appel à l'aide

Deux heures avant, au cours d'un appel de détresse, la voix d'un enfant affirme que son père vient de tirer sur sa mère et donne l'adresse de cette résidence. Immédiatement, dix équipes de police sont envoyées sur place, les forces spéciales d'intervention du Raid sont prévenues. Les fonctionnaires n'auront pas à être déployés, car l'appel est en fait un canular. À la suite de cette mauvaise blague, l'habitante de la maison s'est dite "traumatisée".

"De voir ça, dans notre rue, alors qu'il ne se passe généralement rien, c'était un peu stressant", confie une jeune voisine dans le reportage TF1 en tête de cet article. "Un tel faux appel qui mobilise autant de policiers, un SMUR qui éventuellement aurait pu être nécessaire sur un autre lieu d'intervention, c'est vraiment... dommage", réagit un autre.

Un phénomène venu des Etats-Unis

Loin d'être un cas isolé, de tels faux appels se multiplient. Un phénomène qui vient des États-Unis, chez les joueurs en ligne. L'objectif est de faire le buzz en filmant l'intervention en direct sur les réseaux sociaux. Cela porte même un nom : le swatting, dérivé de l'acronyme SWAT, qui désigne l'équivalent américain du GIGN. 

"C'est un phénomène qu'on observe en France depuis les années 2014-2015. On était sur une dizaine de faits à l'origine. Actuellement, on est à peu près à 40 procédures qui sont ouvertes chaque année", précise le colonel Marie-Laure Pezant. Ces canulars ont lieu partout en France. Un cas est survenu à Toulouse en février, un autre en Seine-et-Marne en novembre.

Il y a peu de temps, c'est même un village de 170 habitants, en Charente-Maritime, qui a été visé. "On a été confiné parce qu'il y avait soi-disant quelqu'un qui se baladait dans Saint-Vivien avec une arme blanche. Trois voitures de gendarmerie, deux camions de pompier, une voiture de SAMU, un autre camion de pompier, tout ça... pour rien", raconte une habitante, encore énervée par cette fausse frayeur. Dans la plupart des cas, la gendarmerie arrive à retrouver les malfaiteurs et à les mener en justice. Ils risquent deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amendes.


La rédaction de TF1info | Reportage : Lise Cloix, Alexandra Vieira, Raphaël Maillochon

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