VIDÉO - Féminicides : "Il me le faut tout le temps", comment le "téléphone grave danger" sauve des vies

par La rédaction de TF1 | Reportage : Baptiste Guenais, Corinne Chevreton, Hélène Massiot
Publié le 21 février 2024 à 13h03

Source : JT 20h Semaine

Depuis le début de l’année, 22 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint.
Le "téléphone grave danger" permet aux femmes menacées d’alerter les secours très rapidement.
Près de 5000 ont été distribués en France.

Cela fait un mois et demi que Ludivine est équipée du "téléphone grave danger". A priori, c’est un portable comme un autre, mais celui-là permet d’alerter discrètement les forces de l’ordre. Cet appareil est son seul outil pour se protéger de son ex-compagnon. Pendant des années, ce dernier lui a fait subir des violences verbales et physiques, tels que des "étranglements" ou des "noyades". Si son agresseur a été condamné, et a depuis purgé sa peine, il reste une menace pour Ludivine. Alors, il lui faut "tout le temps" ce téléphone "même pour descendre les poubelles ou aller chercher le courrier".

Centre police-secours le plus proche

En 2023, le téléphone grave danger a été actionné à 3200 reprises en France. Dans le Val-d'Oise, 70 femmes sont équipées du dispositif. Si l’une d’elles signale un danger, une fiche contenant la photo de la victime et de l’auteur présumé ainsi que le lieu où se trouve la personne apparaît sur l'écran de l’opérateur du centre police-secours le plus proche. Comme l'explique le major David Delplanques, responsable de formation et de commandement à la DIPN 95, "un véhicule sera de suite envoyé sur place pour aller protéger la victime".

Une intervention rapide, c'est peut-être ce qui a évité la mort d'une jeune femme le 7 février dernier. Celle-ci a activé son téléphone dans la nuit alors que son ex-compagnon était devant sa porte, une arme à feu à la main. En quelques minutes, la police est intervenue, des tirs ont été échangés, l'agresseur a été tué.

La justice dispose aujourd'hui de 5709 téléphones grave danger, dont 4531 remis à des femmes. Ces appareils sont octroyés aux victimes par les procureurs en fonction de certains critères : accepter le dispositif, ne plus être en cohabitation avec l'auteur, que la situation de danger soit connue à travers des évaluations. L'appareil est attribué pour six mois. Au bout de ce délai, les associations ou les forces de l'ordre évaluent à nouveau la situation et peuvent retirer le téléphone grave danger. 

Juste avant d'être tuée par son ex-compagnon, la mère de Sébastien avait dû rendre le sien. Selon celui-ci, la décision avait été prise après un simple appel d'un policier. Le "téléphone grave danger" a aussi ses limites, comme des démarches administratives fastidieuses pour le demander et des délais jugés trop longs par certaines associations. 


La rédaction de TF1 | Reportage : Baptiste Guenais, Corinne Chevreton, Hélène Massiot

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