ENQUÊTE - Fusillades, braquages... D'où viennent les armes utilisées par les malfaiteurs en France ?

par M.T | Reportage TF1 : Julien Cressens, Baptiste Guenais, Christophe Buisine, Sylvain Thizy
Publié le 25 octobre 2023 à 21h19, mis à jour le 26 octobre 2023 à 11h14

Source : TF1 Info

Chaque année, deux millions d'armes détenues illégalement sont saisies en France.
Certaines sont notamment utilisées lors de règlements de comptes, de braquages ou de fusillades.
Revolver, pistolet automatique, kalachnikov... De quel type d'armes s'agit-il ? TF1 fait le point.

Une quinzaine d’armes à feu, plus de 7000 munitions, des poignards… Lundi 23 octobre, un particulier a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel d’Évreux après la saisie par la gendarmerie d’un arsenal "imposant" à son domicile aux Andelys (Eure). La cellule renseignements de la gendarmerie de l’Eure avait été alertée, début septembre, par "le comportement suspect d’un individu, âgé de 39 ans, (....) acheteur de plusieurs armes sur un site internet de vente en ligne", a affirmé la gendarmerie nationale dans un communiqué.

Un fait divers qui permet de rappeler que chaque année, deux millions d'armes détenues illégalement sont saisies. Certaines sont notamment utilisées lors de règlements de comptes, de braquages ou de fusillades. Mais alors, que sait-on de ces armes ?

Les kalachnikovs utilisées dans 15 à 20% des règlements de comptes en France

Ces derniers mois, plusieurs règlements de comptes ont été menés avec des armes de guerre. Le 28 septembre, un homme a ainsi tiré à la kalachnikov sur un groupe d'invididus dans le quartier marseillais des Chutes-Lavie, faisant deux morts et un blessé. À Valence, en mai dernier, des armes de guerre ont là encore été utilisées dans plusieurs règlements de comptes. Pourtant, ce type d'armes n'est pas le plus utilisé dans les fusillades en France. Les kalachnikovs, par exemple, sont impliquées dans 15 à 20% des règlements de comptes : la plupart du temps, les tireurs se servent de révolvers ou de pistolets automatiques. 

Identifier les armes utilisées dans ces fusillades, c'est la mission de Patrick, membre du service national de police scientifique, interrogé dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. "Nous allons tirer avec, récupérer le projectile et la douille", détaille-t-il à propos d'une kalachnikov saisie lors d'une perquisition. A-t-elle déjà servi dans un règlement de comptes ? Pour le savoir, la police scientifique va analyser la marque laissée par l'arme sur la balle. "Ce type de petit défaut que l'on va trouver, comme cette forme ici, c'est vraiment propre à l'arme", vulgarise l'expert, tout en désignant les marques laissées par l'impact sur son écran d'ordinateur.

"Chaque arme a sa propre empreinte, comme un doigt sur une feuille de papier", ajoute-t-il, en réalisant des observations au microscope. Cette empreinte est-elle recensée dans le fichier national d'identification balistique, la liste de toutes les armes connues des autorités en France ? Il faut seulement quelques minutes à la police scientifique pour le découvrir. 

Le type d'arme varie selon les régions

Chaque année, la police scientifique analyse des dizaines de balles. Conclusion surprenante : le type d'arme utilisé varie en fonction des villes. "En Île-de-France, très peu de faits sont commis à l'aide de fusils mitrailleurs, en revanche, dans le sud de la France, on constate cet usage de catégorie A, dont la kalachnikov, de manière beaucoup plus fréquente", explique Yann Sourisseau, chef de l'office central de lutte contre le crime organisé. Vendues entre 500 et 2.500 euros, les kalachnikovs sont importées illégalement de la région des Balkans. 

Le marché noir des pistolets et des revolvers, lui, est alimenté en partie par les cambriolages de particuliers et d'armureries. 10.000 vols sont déclarés chaque année en France. 


M.T | Reportage TF1 : Julien Cressens, Baptiste Guenais, Christophe Buisine, Sylvain Thizy

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