Depuis quelques mois, policiers et gendarmes s'alarment d'une recrudescence des vols à la voiture bélier à Lille (Nord).
Des braquages qui visent notamment des enseignes de luxe.
Une équipe du 20H de TF1 a mené l'enquête.

Les faits ont eu lieu fin mai. La boutique Hermès de Lille, dans le centre historique, était cambriolée à la voiture bélier à l'aube. À l'aide d'une Citroën Saxo, des malfaiteurs ont foncé dans la vitrine de ce magasin de luxe. Des vêtements, des bijoux et des sacs à main ont été dérobés. Dans la précipitation, ils en ont même laissé une partie à terre. 

Depuis, l'enseigne a demandé l'installation d'une borne en béton, mais les riverains, eux, ne se sentent plus en sécurité. "C'est l'horreur, mais il y a beaucoup de mouvements comme ça en ce moment", s'offusque ainsi un retraité dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Trois casses en quatre mois

Une semaine auparavant, c'est la boutique Louis Vuitton, située à 100 m, qui subissait un vol similaire. Peu avant 6 heures, un véhicule s'était encastré dans la façade, permettant aux voleurs de s'emparer de marchandises. Une même attaque avait déjà visé cette boutique Louis Vuitton en janvier, pour un préjudice alors qualifié de "considérable" par le parquet. En tout, trois casses de ce genre ont eu lieu en quatre mois dans le Vieux-Lille. 

Pour Jérémy Lablanche, gérant d'une boutique qui avait été cambriolée selon ce même procédé il y a quelques années, la répétition de ces actes de grand banditisme est très préoccupante. "Aujourd'hui, je me pose plus de questions sur la sécurité de la boutique que sur les taux de revente ou sur mes achats. Ça instaure une tension dans l'équipe. J'ai l'impression qu'il n'y a que Lille où c'est comme ça. J'ai des collaborateurs à Bordeaux, à Lyon ou dans d'autres villes, ça n'existe pas", affirme-t-il. 

C'est très compliqué lorsqu'on est dans un secteur sauvegardé, classé intérieur-extérieur, de pouvoir sécuriser sereinement sa boutique.
Romuald Catoire, président de la Fédération lilloise du commerce.

C'est la Sureté départementale de la police du nord qui est chargée de l'enquête sur ces vols visant des boutiques de luxe. Ils y travaillent sept jours sur sept. Renforts, utilisation de chiens spécialisés, étude des réseaux de téléphonie mobile... Tous les moyens sont mis à la disposition des enquêteurs. Mais leur travail est rendu très difficile par les lieux des casses. Tous les bâtiments datent du 18ᵉ siècle et sont classés. Impossible donc d'installer de la vidéosurveillance ou tout autre moyen de sécurisation passive.

"C'est très compliqué certaines fois lorsqu'on est dans un secteur sauvegardé, classé intérieur-extérieur, de pouvoir sécuriser sereinement sa boutique par l'ajout de volets métalliques, de dispositifs de sécurité et autres. C'est une évidence, mais c'est pas toujours simple. Donc, il faut se mettre autour de la table pour trouver des solutions", explique Romuald Catoire, président de la Fédération lilloise du commerce. 

En attendant, la mairie de Lille tente d'aider les commerçants avec des bornes en béton ou des plots métalliques, mais d'autres petites villes des Hauts-de-France sont touchées, comme un bar PMU de la Somme, également attaqué à la voiture-bélier il y a quelques jours. 


V. F Reportage TF1 : Marion Fiat et Gauthier Delobette

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