Il y a eu moins de bâtiments incendiés et d’affrontements au niveau national.
Mais le nombre de dégradations demeure impressionnant.
À Lyon et à Grenoble, les habitants n’ont pas beaucoup dormi durant cette quatrième nuit d'émeutes.

La scène a été diffusée sur les réseaux sociaux, à travers de nombreuses vidéos-amateur. À la tombée de la nuit, et jusqu'à 5h du matin, une quarantaine de commerces du centre-ville ont été méthodiquement pillés, les uns après les autres. Comme on peut l'entendre dans la vidéo en tête de cet article, un des pillards filme et commente lui-même : "Première avenue, c'est fait, la suite c'est en train...". Toutes les enseignes sont visitées, une à une. Les grilles métalliques sont soulevées, et des individus s'introduisent à l'intérieur, par petits groupes.

Il n'y a plus rien, ne cherchez pas, il n'y a plus rien
Nathalie Chappaz, commerçante de Grenoble

Une commerçante nous fait visiter son magasin, qu'elle tient depuis 25 ans, entièrement dévalisé. "Il n'y a plus rien, ne cherchez pas, il n'y a plus rien", témoigne-t-elle au bord des larmes, au micro de TF1. "Il n'y a plus de vitrines, il n'y a plus de stock", poursuit Nathalie Chappaz, "les réserves ont été vidées à moitié... j'ai juste envie de hurler".

Un habitant a observé la scène depuis son appartement, juste au-dessus de l’un des magasins. "Ce sont des bandes extrêmement organisées", affirme-t-il, "avec des pilleurs qui rentrent, qui déchargent, des scooters qui viennent, un énorme 4X4 qu'on remplit, donc un vrai business". La police grenobloise a procédé à 28 interpellations cette nuit dans les rues du centre-ville.

Attaquer une mairie, c'est attaquer une population
Un habitant de Persan

Une vingtaine de mairies ont par ailleurs été la cible de casseurs sur tout le territoire, dont certaines de manière spectaculaire. C'est le cas de celle de Persan (Val d'Oise), qui a été incendiée. "Attaquer une mairie, c'est attaquer une population", estime un habitant de la ville, "c'est la population qui est pénalisée". Des bureaux de la police municipale, il ne reste pas grand-chose, sinon son enseigne. La pizzeria, la boulangerie, et un bistrot, ont également été ravagés. Sur un bout de trottoir, les habitants déboussolés constatent l'étendue des dégâts ce samedi matin, et partagent leurs impressions. 

Il y a eu deux fois moins de bâtiments dégradés que la nuit précédente au niveau national. Mais des centaines d’émeutiers cagoulés ont encore sillonné les rues des grandes villes et de leurs banlieues. À Lyon, la place Bellecour a vu des scènes de guérilla urbaine. À Colombes (Hauts-de-Seine), il y a eu à nouveau des voitures brûlées, même si c'était en moindre nombre que la nuit précédente. Plus de 1300 personnes ont été arrêtées en France, au cours de cette quatrième nuit de violences dans de nombreuses villes du pays.


La rédaction de TF1info | Reportage : Joséphine de Francqueville

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