VIDÉO - "C'est une manipulatrice" : qui est vraiment Monique Olivier ?

par T.A. | Reportage TF1 Maurine BAJAC, Alix PONSAR et Paul BOUFFARD
Publié le 28 novembre 2023 à 7h00, mis à jour le 28 novembre 2023 à 9h48

Source : TF1 Info

Monique Olivier comparaît à partir de ce mardi à Nanterre pour complicité dans trois enlèvements et meurtres.
Le profil de l'ex-femme du tueur en série Michel Fourniret reste énigmatique.
TF1 a recueilli les témoignages de ceux qui l'ont côtoyée ces vingt dernières années.

Qui se cache derrière le profil énigmatique de Monique Olivier ? L'ex-femme de Michel Fourniret comparaît à partir de ce mardi pour complicité dans trois enlèvements et meurtres devant la Cour d'assises de Nanterre (Hauts-de-Seine). Alors que le tueur en série est décédé en mai 2021, son ex-compagne a déjà été condamnée à la prison à perpétuité pour l'aide apportée à son mari pour enlever et tuer plusieurs femmes et enfants.

Une équipe de TF1 a tenté de percer le mystère Monique Olivier en rencontrant plusieurs des professionnels qui l'ont côtoyée depuis son arrestation. Magistrat, gardienne de prison, avocat : ils témoignent dans la vidéo à retrouver en tête de cet article.

"C'est elle qui dicte à Fourniret un de ses alibis"

Pour commencer à dresser le portrait de Monique Olivier, il faut d'abord revenir sur son parcours personnel. Après un premier mariage, elle répond à une petite annonce de Michel Fourniret, derrière les barreaux pour une dizaine d'agressions sexuelles, publiée dans un journal catholique : "Prisonnier aimerait correspondre avec personne de tout âge pour oublier solitude". 200 lettres seront alors échangées par le futur couple. Leur prochain pacte criminel commence à se dessiner dans ces écrits. Michel Fourniret y planifie déjà des enlèvements, tandis que sa compagne, elle, promet d'"exécuter les ordres" qu'il lui donnera. "Je seconderai mon fauve car je veux qu'il chasse bien", écrit-elle alors.

Monique Olivier épouse Michel Fourniret à sa sortie de prison, en 1987. Seize ans plus tard, il est arrêté, après une tentative d'enlèvement raté. La femme dit ne rien connaître des actes de son mari. Quelle est réellement son implication dans cette série de crimes ? Pour le savoir, les enquêteurs décident d'enregistrer un parloir entre le mari et sa femme. "Et là, ce n'est plus du tout la femme tremblotante, presque mutique, qui est terrorisée par Fourniret, se rappelle Francis Nachbar, ancien procureur de la République, qui s'est entretenu plusieurs fois avec le couple d'assassins. Pas du tout. C'est elle qui dicte à Fourniret un de ses alibis pour la petite Céline de Charleville-Mézières. C'est une tout autre Monique Olivier.

"Elle est influençable, dépendante, elle ne peut pas s'opposer à l'autre"

Après plus de 120 interrogatoires, elle finit par avouer. Le couple reconnaîtra au total onze viols et meurtres d'enfants. "Elle aidait au repérage, poursuit le magistrat. Parfois, c'est elle qui voyait la victime et qui demandait à Fourniret : 'c'est elle, elle te plaît, elle t'intéresse ?'" La journée, elle est une mère de famille ordinaire, discrète. Le soir, elle retient prisonnières les victimes de son mari. Des psychiatres ont tenté de cerner sa personnalité. "On peut expliquer le silence de Monique Olivier non pas par un comportement de soumission, mais surtout par une complicité criminelle, intentionnelle et alimentant ses propres fantasmes", avait conclu une expertise psychologique.

Entre 2011 et 2017, Marie-Annick Horel a surveillé en prison l'ex-femme du tueur en série. Elle se souvient aussi d'une femme "qui ne vous regarde jamais dans les yeux". "Elle se victimisait, se rappelle l'ex-gardienne face à la caméra de TF1. Elle disait à l'aumônerie, au médecin, qu'elle était menacée ou insultée. C'est une manipulatrice." Depuis plus de quinze ans, Richard Delgenes défend Monique Olivier. Il décrit une tout autre femme. "Elle est influençable, dépendante, elle ne peut pas s'opposer à l'autre, assure l'avocat. Elle accompagne celui qui la fait exister, trouver un sens, quelque chose comme ça. Mais elle ne le fait pas pour faire le mal, elle le fait pour satisfaire l'autre. D'ailleurs, elle s'est sauvée deux fois. Les deux fois, Michel Fourniret l'a retrouvée et l'a rattrapée."

Lors de ce nouveau procès, Monique Olivier devra s'expliquer sur les meurtres de Marie-Angèle Domece en 1988, de Joanna Parrish, en 1990 et d'Estelle Mouzin, en 2003. Pour leurs familles, elle reste la dernière détentrice de la vérité.


T.A. | Reportage TF1 Maurine BAJAC, Alix PONSAR et Paul BOUFFARD

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