VIDÉO - "C'est lamentable" : habitants et commerçants fatigués après cinq nuits de violences urbaines

par V. F | Reportage : Joséphine De Franqueville, Tristan Vartanian et Charlotte Gerbelot
Publié le 2 juillet 2023 à 0h03

Source : JT 20h WE

Le gouvernement a reconduit ce samedi son dispositif de sécurité en prévision d'une cinquième nuit consécutive de violences urbaines.
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que les 45.000 policiers et gendarmes déjà mobilisés la nuit dernière seraient à nouveau sur le pont.
Particulièrement touchées, la ville de Grenoble et la région parisienne.

Garés devant chez eux, vendredi 30 juin, des habitants de Colombes (Hauts-de-Seine), ont retrouvé ce samedi matin leur voiture calcinée. C'est la nuit de trop. "Depuis mardi soir, je ne dors pas parce que j'entends des pétards, j'entends plein de choses, c'est lamentable", se lamente une riveraine dans le reportage du JT de 20H à retrouver en tête de cet article. Dans cette ville, comme partout en France, les éléments perturbateurs étaient encore très nombreux dans les rues vendredi soir. Deux fois moins de bâtiments publics ont été visés, mais encore une vingtaine de mairies ont été incendiées.

Attaquer une mairie, c'est attaquer une population.
Un habitant de Persan (Val d'Oise)

Au nord de Paris, à Persan (Val-d'Oise), les flammes ont ravagé la moitié de l'édifice. "Même pendant la guerre, on n'a pas vu un bordel comme on a vu là", réagit une retraitée. "Attaquer une mairie, c'est attaquer une population. Là, c'est la population qui est pénalisée", renchérit un habitant. Leurs commerces de proximité : la pizzeria, la boulangerie, et même le bistrot ont été vandalisés. Sur un bout de trottoir, les riverains se retrouvent démunis. "Ça devient débile, c'est des ados", lancent-ils.

Partout en France, 31 commissariats ont été attaqués. Même sentiment d'hébétude à Grenoble (Isère), les commerçants du centre-ville constatent, la gorge serrée, l'ampleur des dégâts. "C'est dur, c'est 25 ans de travail. En perte de chiffre d'affaires, ça va être chaotique, c'était le premier samedi des soldes", déplore Laurent Mazzone, directeur du magasin "Première avenue". L'attaque de sa boutique a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. L'auteur de la vidéo se vante de ses pillages systématiques, boutique après boutique. 

"Il n'y a plus rien", lâche Nathalie Chappaz, directrice du magasin "Gérard Olivier". Cette commerçante tient ce magasin depuis 25 ans. "Il n'y a plus de vitrine, il n'y a plus de stock. Les réserves ont été vidées à moitié. J'ai juste envie de hurler, voilà", admet-elle.

À Lyon, ce samedi 1ᵉʳ juillet, les commerçants ont décidé de s'organiser. Une entreprise qui installe d'habitude des volets a été appelée à la rescousse par 80 commerçants inquiets, pour réparer ou sécuriser leur vitrine. "Il y a plein de gens qui viennent nous voir pour nous appeler au secours parce que ce soir, ils attendent le pire donc ils ont peur. Ils veulent se mettre en protection", assure Franck Gouly, technicien chez "Erma fermetures". Dans la plupart des villes de France, les commerces et les transports en commun ont fermé plus tôt, dans l'espoir d'une nuit plus calme.


V. F | Reportage : Joséphine De Franqueville, Tristan Vartanian et Charlotte Gerbelot

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