Dans la tuerie de Chevaline, quatre personnes ont été tuées par balle en septembre 2012, sur une route de Haute-Savoie.
Si personne n'a pour l'heure été interpellé, les juges d'instruction du pôle "cold cases" de Nanterre ont récemment demandé de nouvelles analyses ADN dans ce dossier.
Plusieurs raisons leur font espérer la découverte de nouveaux éléments.

La tuerie de Chevaline est l'une des grandes énigmes policières de ces quinze dernières années en France. Les faits se sont déroulés il y a près de douze ans sur un parking d'une route forestière de Haute-Savoie. De nouvelles expertises vont-elles permettre de lever le mystère autour de ce mystère ? 

Le 5 septembre 2012, Saad Al-Hilli, Britannique d'origine irakienne, son épouse et sa belle-mère étaient retrouvés criblés de balles dans leur voiture. Les deux filles du couple, présentes dans l'habitacle, survivent à la fusillade. Juste à côté du véhicule, git un quatrième corps, celui de Sylvain Mollier, cycliste de la région. 

Depuis, l'enquête patine. Mais les magistrats du pôle cold cases ont demandé récemment de nouvelles analyses sur plusieurs éléments de la scène de crime, dont deux mégots de cigarettes, les vêtements de l'une des fillettes et des éléments de la tenue du cycliste. Pour Me William Bourdon, avocat de l'une des victimes, il existe un dernier espoir de connaître la vérité, "notamment sur le casque, les vêtements, les chaussures du cycliste. Ce sont d'ultimes filets qui sont lancés", estime-t-il.

De récentes découvertes sur l'arme utilisée

Des analyses avaient été déjà réalisées à l'époque, mais depuis, les techniques des experts de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) ont évolué. "Toutes les informations étaient déjà présentes mais on n'était pas forcément en capacité de pouvoir les observer et interpréter des résultats à partir de très très faibles quantités d'ADN. Les techniques actuelles permettent de travailler et, même à partir de cet ADN dégradé, morcelé, d'obtenir des informations pertinentes", détaille pour TF1, dans le reportage du 20H visible en tête de cet article, le colonel Sylvain Hubac, chef de la division criminalistique biologie génétique à l'IRCGN.

Quant à l'arme du crime, un Luger, elle n'a jamais été retrouvée, seulement des fragments de la crosse. À l'époque, cela avait permis aux enquêteurs d'identifier 6000 armes potentielles. Ils ont découvert récemment qu'elle avait été fabriquée en 1935. Et grâce à une nouvelle étude balistique, leur liste se réduit désormais à 940. Avec ce pistolet, le tueur de Chevaline avait tiré 21 balles en moins de neuf minutes.

"N'importe qui ne peut pas tirer, je pense, aussi rapidement en ne changeant pas de chargeur. Une arme comme celle-ci, pour la manipuler, il faut que la personne soit entrainée, ce n'est pas très facile à réarmer", montre en vidéo Yves Gollety, président de la chambre syndicale des armuriers.

Au fil des années, plusieurs personnes ont été suspectées. Elles ont toutes été mises hors de cause.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : B. Guenais, F. de Juvigny, O. Stambach

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