Face aux violences, les familles et les parents des jeunes délinquants se disent souvent impuissants.
Le 20H de TF1 est allé à leur rencontre dans les Yvelines, où les associations font un gros travail de prévention ces derniers jours.

"Qu'ils tiennent leurs gosses !" Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, n'a pas mâché ses mots ce samedi, au lendemain de l'envoi d'une circulaire qui détaille la réponse pénale "ferme et systématique" qu'il souhaite à l'encontre des participants aux récentes violences urbaines. Les auteurs de ces émeutes sont parfois très jeunes. Un élément qui soulève la question de la responsabilité des parents.

Même si tu éduques bien, tu es dans la maison, mais quand ils sortent dehors, tu ne sais pas ce qu'ils font.
Une mère de famille

Dans un quartier populaire d'Houilles, au nord de Nanterre, les violences sont restées contenues. Cette ville a connu très peu de débordements ces derniers jours. Ici, les associations occupent le terrain et sensibilisent les familles. "C'est sûr que lorsqu'ils sont à l'extérieur, on ne sait pas forcément ce qu'ils font. On est là pour prendre le relai", rappelle un éducateur aux mamans présentes ce samedi. 

Ces mères de famille ont créé un collectif pour que leurs enfants soient en permanence sous la surveillance d'un adulte. "Tous les enfants savent que les grands frères sont là. Nous avons beaucoup de référents", se réjouit l'une d'elle dans le reportage du JT de TF1 à retrouver en tête de cet article. Une autre se questionne : "Même si tu éduques bien, tu es dans la maison, mais quand ils sortent dehors, tu ne sais pas ce qu'ils font.". 

Ces mamans se sentent souvent démunies, notamment face à l'importance des réseaux sociaux. "Lorsqu'ils veulent organiser quelque chose, ils le font passer par les réseaux sociaux et les parents ne peuvent pas être au courant. On peut mettre des garde-fous, ne pas donner le portable, mais c'est très compliqué de ne pas donner le portable", admet l'une d'entre elles. 

Comment garder le contrôle ?

Difficile également de raisonner des adolescents, touchés de près par le drame de Nanterre, comme l'explique Hadji Sekkai, fondateur de l'association "La Cuatro". "Certaines personnes d'ici connaissaient le jeune qui a été tragiquement tué en début de semaine. C'est des populations avec lesquelles on a toujours été proche, du coup, quand on va parler avec eux, quand on communique, le message est perçu beaucoup plus facilement. Alors que si on les délaisse tout le temps, on ne fait pas de travail avec eux au quotidien et que le jour où ça s'embrase, on va parler avec eux, c'est mal perçu", dit-il.

Soussaba est mère au foyer. Elle élève six enfants. Leur père, agent de sécurité, travaille de nuit. Elle raconte comment elle fait pour garder le contrôle de ses fils et de ses filles. "Je communique beaucoup avec mes enfants et je suis aussi beaucoup les infos. Donc quand je vois dans les infos que les jeunes ont fait quelque chose qui est pas normal, aussitôt, je parle avec mon fils de 16 ans. J'essaie de l'encadrer, de dire qu'il faut pas qu'il fasse la même chose", insiste-t-elle. Son fils acquiesce : "Quand j'ai entendu l'histoire, c'est vrai que c'est chaud. Pour moi, c'était de l'injustice. Je comprends ceux qui veulent casser, mais on peut faire autrement aussi. On peut faire des marches blanches, mais pas tout casser." 

Pour que les jeunes n'échappent pas aux adultes, l'association organise régulièrement des événements sportifs ou culturels. C'est le cas ce samedi soir avec un concert de rap où participent les jeunes talents du quartier. "La colère, on peut l'apaiser très bien par la culture. Il ne faut pas forcément les enfermer, mais il faut que chaque ville puisse être responsable et faire un accompagnement au mieux", assure Sylvere Maja, un des membres du collectif. Les associations espèrent à présent que ce moyen permettra d'atténuer des tensions devenues incontrôlables dans certains quartiers.


Virginie FAUROUX | Reportage : Julien Roux et Iker Zabala

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