Il y a un mois jour pour jour, des émeutes secouaient plusieurs villes de France, causant 650 millions d'euros de dégâts.
Des magasins et des bâtiments publics ont été dégradés et n'ont pas encore pu rouvrir.
Dans certaines communes, cela complique encore largement la vie quotidienne des habitants.

A Bondy (Seine-Saint-Denis), ce supermarché hard-discount était le seul à quatre kilomètres à la ronde. Cela fait un mois qu'il est fermé après avoir été pillé et incendié durant les violences urbaines qui ont embrasé la France fin juin. Résultat, c'est la galère pour des centaines d'habitants. 

C'est le cas de Fatoumata. Après une journée de travail, cette mère de famille va chercher ses enfants au centre aéré, puis, elle doit se rendre dans un autre supermarché, le tout avec deux bus et 45 minutes de trajet. "Je peux même pas bien m'occuper des enfants. Je suis fatiguée. Il fait tard. Là déjà, il est 18 h 25 Le temps de finir mes courses, ça va me prendre vraiment beaucoup de temps", affirme-t-elle dans le reportage du JT de TF1 en tête de cet article. Aujourd'hui, il lui faut presque trois heures pour faire ses courses. 

Des dossiers brûlés à la mairie de Villeneuve-le-Roi

À quelques kilomètres de là, à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), la mairie a été totalement ravagée par les flammes. Avant de commencer la reconstruction, il faut tout nettoyer et sauver ce qui peut l'être. "Il y a déjà un premier nettoyage qui a été effectué pour enlever un maximum de suie et pouvoir ensuite organiser le tri entre ce qui est définitivement irrécupérable et ce qui peut être un peu récupéré", explique Rémy Jourdan, le directeur de cabinet. Facture de la reconstruction : plus de 2 millions d'euros et au minimum un an et demi de travaux. 

Mais pour les 20.000 habitants de la commune, pas question d'attendre. Un ancien lieu de stockage a donc été réaménagé en urgence pour accueillir les 400 familles en grande difficulté. Mais dans ce service d'action sociale, de nombreux dossiers ont disparu dans l'incendie. "Il faut essayer maintenant de numériser un maximum, mais il y a des dossiers qui seront perdus et qu'on ne pourra pas récupérer", déplore Catherine Maguero, assistante-sociale.

Lydia vient au centre chaque semaine pour suivre son dossier d'insertion professionnelle. "Moi, mon cas, ça a mis un peu de retard. S'il n'y a pas tous les dossiers avec tous les renseignements de la personne, ben les aides sont refusées", dit-elle. Et l'accompagnement reste indispensable. Comme pour cette autre femme, interrogée par TF1, qui vient ici depuis 20 ans. "S'il n'y avait pas ça, on est perdu. Surtout moi, je suis handicapée", souligne-t-elle.

Dans la commune, le commissariat a, lui aussi, été pris pour cible. Aujourd'hui, des blocs de béton ont été installés à l'entrée. Les conséquences de ces violences pénaliseront encore de nombreux mois les habitants.


V. F Reportage TF1 : Victor Topenot, Thierry Valtrat, Olivier Cresta et Caroline Blanquart

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