Le 20h

Trafic de drogue : des pouvoirs publics dépassés à Cavaillon

Publié le 29 septembre 2021 à 20h16, mis à jour le 30 septembre 2021 à 12h15
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'essentiel

REPORTAGE - Mardi, un homme de 22 ans a été tué en plein jour dans une cité connue pour être au cœur d'un trafic de drogue à Cavaillon. Depuis quelques mois, la violence flambe dans ce quartier. Les pouvoirs publics sont dépassés.

Une détonation alors que des enfants sont encore en train de jouer dehors. Mardi vers 18h02, deux hommes arrivent en voiture et ouvrent le feu devant ce point de deal de Cavaillon (Vaucluse). Un jeune homme de 22 ans connu des services de police a été abattu.

Depuis quelques mois, la violence flambe dans ce quartier de Cavaillon, au centre d'une guerre de territoire entre trafiquants. Pour les habitants pris entre deux feux, un sentiment mêlé de peur et d’abandon : “C’est vide, il n’y a plus personne qui reste dehors. Plus d'enfants, plus de mère de famille, c'est devenu dangereux”. “Je ne suis pas en sécurité. Vous avez vu vous des  CRS, la police ? Non, rien du tout. Il y a encore des guetteurs”, se confient-ils devant nos caméras.

À quelques mètres de là, un autre point de deal et des clients toujours présents. Pour ce jeune de 18 ans, qui dit venir de Marseille et risquer de prendre une balle, cela fait partie du métier. “Tout le monde est conscient des choses, tout le monde sait que quand on arrive dans un point de stups, ça peut arriver des conneries.” La vente de produits stupéfiants génère ici des dizaines de milliers d'euros par jour.

Face à des trafiquants armés et de plus en plus déterminés, la police dit manquer de moyens. “On l'a vu hier soir, par exemple, des renforts d'effectifs qui ont voulu arriver très vite sur les lieux n'ont pas pu le faire. Puisque justement, on n'avait pas assez de véhicules à disposition", explique David Fiorentini, secrétaire départemental du syndicat Alliance police nationale du Vaucluse.

Il y a quelques semaines, le maire a délocalisé les services publics à l'extérieur du quartier. Aujourd'hui, face à l'urgence de la situation, il lance un appel à la justice. “On aimerait qu’ils agissent un peu plus rapidement. Parce que si on attend six mois, on risque d'avoir aussi des cadavres dans les rues". Dans le quartier, beaucoup craignent que le règlement de comptes de mardi soir ne soit qu’un épisode de plus dans la série des violences.

L'enquête a été confiée à la police judiciaire d'Avignon.