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VIDÉO - Trafic de voitures : le juteux business des épaves

V. Fauroux - Reportage vidéo : Georges Brenier, Anne Barrier et Alexis Dubail
Publié le 11 juillet 2022 à 11h10, mis à jour le 11 juillet 2022 à 11h23
JT Perso

Source : JT 20h WE

En France, plusieurs milliers de véhicules dans un état catastrophique seraient en circulation sur les routes.
Réparées illégalement, ces voitures sont ensuite revendues au marché noir.
Un phénomène particulièrement difficile à endiguer pour l'État.

Si vous n'êtes pas regardant sur l'état du véhicule que vous voulez acheter, alors vous trouverez votre bonheur sur certains sites de petites annonces. Une voiture en piteux état, par exemple, peut être mise en vente pour 4500 euros. Les offres ne manquent pas. Elles sont pourtant théoriquement toutes illégales. Car pour les malfrats, une épave est du pain béni. Sa carte grise permet de maquiller les papiers d'un véhicule volé. 

Tandis que des garagistes véreux tenteront de rafistoler ces poubelles à quatre roues sans le moindre contrôle technique avant de les écouler en France ou dans des pays pauvres. Dans les deux cas, le but est le même : revendre à prix d'or une voiture qui ne vaut plus rien.

Sur le papier, pourtant, la gestion des épaves est très réglementée. Dans son centre agrée "Auto pièces services", en Seine-et-Marne, Christophe Breton compte actuellement une vingtaine de véhicules inaptes à rouler. "Toute pièce sur la voiture, que ça aille du simple bocal de liquide de refroidissement au moteur complet, peut être vendue. La seule chose qui est interdite à la revente, c'est la base de la voiture, donc la caisse. Elle doit être détruite", indique-t-il dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article. 

Impossible pour lui de tricher, chaque voiture possède sa carte d'identité. "J'ai un numéro d'enregistrement qui me permet, si c'est bien informatisé, de retrouver toutes les informations de la voiture pour que chaque véhicule soit pisté", poursuit le gérant. 

500.000 voitures revendues illégalement

L'État peut ainsi à tout moment vérifier qu'un véhicule déclaré techniquement non réparable, souvent suite à un accident, a bel et bien détruit. "À partir du moment où vous faites un certificat de destruction à un client, le sort du véhicule est scellé, donc vous ne pouvez plus rouler avec. À partir de ce moment-là, le véhicule doit être inexistant sur les routes", précise encore Christophe Breton. Le gouvernement veut désormais tout faire pour tarir ce marché parallèle du recyclage des épaves. Mais la tache est longue : il y a environ 500.000 voitures chaque année en France qui sont revendues de façon totalement illégale. 

Et le cauchemar de la profession, ce sont ces petites affichettes collées au feu rouge un peu partout, où de prétendus épavistes vous proposent de l'argent pour reprendre votre voiture. Gérante d'un centre, Sabrina Medriss-Labé ne mâche pas ses mots à leur encontre. "Ce sont des épavistes à la sauvette, ils ne respectent pas la réglementation et mettent leurs annonces pour attraper un public naïf parce qu'il y aura soit le remorquage gratuit ou bien une valeur d'achat. Ça, c'est interdit", s'emporte-t-elle. 

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Bien souvent, des véhicules en très mauvais état sont réparés à la va-vite par des garagistes peu regardants. D'après Jacques Chamard, expert automobile près de la Cour d'appel de Paris,  conduire ces voitures est très dangereux, car plus rien ne garantit leur bon fonctionnement. "Ils essaient, à condition que ce soit jouable, de remettre cette épave en circulation en la réparant à moindre coût. Faire une remise en bon état d'apparence et ça s'arrête là. Derrière, il y a énormément de défauts et de désordres qui sont constatés à chaque fois", dit-il. 

Principal problème pour le grand public : s'y retrouver dans le monde parfois très opaque des casses automobiles. Il y en a des milliers. Et beaucoup d'épavistes clandestins jurent être agréés par l'État. Or, il n'en est rien. Donc, la règle numéro un en cas de doute est de consulter la liste des professionnels fournie par l'État. Vous aurez alors peu de chances de croiser sur la route votre ancienne épave. 


V. Fauroux - Reportage vidéo : Georges Brenier, Anne Barrier et Alexis Dubail

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