VIDÉO - Dealers délogés : la victoire des habitants d’une cité de Marseille

Léa Tintillier | Reportage TF1 Emmanuelle Binet, Henri-Paul Amar
Publié le 13 janvier 2023 à 10h02, mis à jour le 13 janvier 2023 à 11h08

Source : JT 20h Semaine

Des habitants d’une cité de Marseille ont réussi à déloger des dealers qui vendaient de la drogue au pied de leur immeuble.
Le bailleur a même déployé un dispositif de sécurité pour les repousser.
Mais certains habitants restent sceptiques.

Jocelyne, 80 ans, peut désormais sortir et rentrer sereinement chez elle. "Les vigiles me rassurent. On ne voit plus de dealers", sourit-elle. Contrôle des véhicules, patrouilles… Au total, huit vigiles sécurisent le bâtiment de ces habitants entrés en résistance. "Je pense qu’on est connus dans la France entière maintenant et qu’on est le seul quartier de Marseille qui a osé se manifester", affirme une habitante. 

Un dispositif de sécurité exceptionnel et inédit pour Frédéric Lavergne, le bailleur qui gère les 420 logements de cet immeuble du quartier des Campanules. "C’est un coût important que nous prenons à notre charge et évidemment, ce dispositif-là a un coût pour la société non négligeable, mais à ce stade, en tout cas, on l’assume", assure-t-il. 

Des habitants qui restent sceptiques

Il y a quatre jours encore, dans ce hall, les locataires se relayaient nuits et jours pour faire fuir les dealers qui s’y étaient installés. Ce week-end-là, les habitants sont descendus jusque dans la rue pour manifester leur colère. Malgré le calme revenu, ils sont nombreux à être sceptiques. La plupart témoignent toujours anonymement par peur des représailles. "Si ça continue, ça va se dégrader et ça va être une catastrophe. On est en guerre contre le mouvement de la drogue", clame une habitante. 

Selon Rudy Manna, membre d'un syndicat de police, le problème est l’ampleur du trafic de stupéfiants à Marseille. "Ils ont fait preuve de beaucoup de courage. Ce n’est pas la solution en tout cas dans beaucoup d’autres endroits de Marseille puisqu’on répertorie à peu près 160 points de vente de stupéfiants. Donc c’est très clairement compliqué à régler", explique-t-il. Dans la cité des Campanules, le bailleur a promis de maintenir le dispositif de sécurité aussi longtemps que nécessaire et de réparer les barrières à l’entrée. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Emmanuelle Binet, Henri-Paul Amar

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