LE WE 20H

VIDÉO - Vols sur les chantiers : désormais, même les fenêtres sont visées

Mathilde Joris | Reportage François-Xavier Ménage et Olivier Cresta
Publié le 24 septembre 2022 à 17h20
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les cambriolages se multiplient dans les logements en cours de construction.
Un fléau qui pèse lourd sur les finances des particuliers et des artisans.
Le 20H de TF1 a enquêté sur le phénomène.

Fenêtres neuves démontées, parpaings et isolants volés… Un désagréable phénomène est en pleine expansion en France : les cambriolages sur les chantiers. Même les grues sont concernées ! La hausse des prix des matières premières et l'allongement des délais de livraison (jusqu'à 24 semaines pour certains modèles de fenêtres) sont autant de raisons qui poussent les malfaiteurs, des particuliers ou des groupes organisés, à voler.

Si ce fléau n'est pas récent, son expansion désempare les particuliers et les acteurs du BTP. Car le constat est sans appel : "Sur 150 chantiers qu'on devrait réaliser, une vingtaine ont été visités", assure ce constructeur près de Vannes (Morbihan), responsable du chantier d'une dizaine de logements individuels. 

Les vols sur les chantiers représentent des pertes considérables pour le BTP

Le premier perdant reste le client, déjà bien stressé par la conduite des travaux. Mais ce fléau des vols de chantiers représente un gouffre financier pour les professionnels, souvent des TPE familiales. Chaque année, ces cambriolages coûtent un milliard d'euros au secteur. "Un vol sur chantier, de matériel pouvant aller jusqu'à 30 000 euros, peut avoir des conséquences dramatiques et mettre l'entreprise en danger", explique Guillaume Gamache, secrétaire général de la Fédération française du bâtiment de l'Oise, dans le reportage du 13H de TF1 en tête de l'article. Pour se prémunir des cambriolages, les ouvriers ne laissent pas leurs outils sur le chantier et doivent cacher les matériaux. Certains d'entre eux ont dû s'équiper en matériel de vidéosurveillance et en systèmes d'alarmes. Les assurances peuvent aider à couvrir les pertes mais les entreprises n'assurent pas toujours l'ensemble de leurs équipements.

Les chantiers de déconstruction attisent aussi les convoitises des malfrats. Pêle-mêle : des câbles en cuivre, des tuyaux de chauffage, des éviers en inox… L'acier, dont le prix à la tonne a flambé, est devenu un produit de luxe. Tout est bon à prendre, tant sur les chantiers de particuliers que sur les gros projets publics. "Ça fait mal car on ne sent pas en sécurité. On essaie d'aller à la gendarmerie porter plainte de temps en temps mais pas à chaque fois", témoigne Agathe, dont l'entreprise familiale de démolition dans l'Oise supervise des chantiers régulièrement "visités" par des personnes malintentionnées. 

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Plus de moyens pour enquêter, davantage de patrouilles pour surveiller… Les professionnels du BTP demandent à l'État d'intervenir pour enrayer les vols sur les chantiers. La Fédération française du bâtiment (FFB) a même lancé le dispositif "Ras le vol", pour aider les entreprises à réduire les risques de cambriolages. D'après une étude de la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, 7% des chantiers ont été concernés par des actes de vol ou de dégradation, un chiffre qui monte à 30% pour les entreprises de plus de vingt salariés.


Mathilde Joris | Reportage François-Xavier Ménage et Olivier Cresta

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