Deux agents de la pénitentiaire ont été tués, mardi 14 mai, au péage d'Incarville (Eure) lors de l'attaque à l'arme lourde de leur fourgon qui transportait un détenu entre Rouen et Évreux.
Une extraction endeuillant familles, amis, ainsi que toute une profession.

Ils ont perdu la vie en faisant leur travail. Deux agents de l'administration pénitentiaire sont décédés et trois autres ont été grièvement blessés, mardi 14 mai, à hauteur du péage d'Incarville (Eure), sur l'A154. L'attaque de leur fourgon, accompagné d'un utilitaire de l’administration pénitentiaire, s'est déroulée peu après 11 heures. Un détenu était en cours de transfert de la prison d'Évreux vers le tribunal de Rouen.

Son mari aurait dû rentrer à la maison à cette heure-ci. Il est mort
Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux

Le ton grave, le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti s'est rendu en fin de journée à Caen afin de présenter ses condoléances à leurs collègues, amis et familles. "J'ai d'abord rencontré la femme de l'une des victimes. Son mari aurait dû rentrer à la maison à cette heure-ci. Il est mort", rapporte le ministre de la Justice, marquant de longs moments de silence. 

Les agents ont été "abattus comme des chiens (...) par des hommes pour qui la vie ne pèse rien. (...) La nation est en deuil, la République est attaquée", a conclu le garde des Sceaux. L'un des agents décédés était père de famille, et l'autre allait le devenir dans quelques mois. "Il y a de la tristesse, un certain choc, et il y a énormément de colère", déplore Damien Luce, secrétaire interrégional FO Justice.  

On ne peut pas accepter ce genre de situations
Philippe Lagalle, maire du Hom

Le sentiment est partagé dans la commune du Hom, où vivait l'un des deux agents pénitentiaires tués. "Le meilleur terme, c'est la colère. On ne peut pas accepter ce genre de situations", réagit le maire Philippe Lagalle, interrogé dans le reportage en tête de cet article. 

L'Assemblée nationale a observé une minute de silence. "Ce matin, dans l'Eure, c'est la République qui a été attaquée. C'est l'ordre républicain pris pour cible. C'est notre justice. C'est le refus de l'impunité sur lequel on a tiré", a exprimé le Premier ministre Gabriel Attal devant l'hémicycle. "Nous n'économiserons aucun effort, aucun moyen. Nous les traquerons. Nous les trouverons. Et je vous le dis, ils paieront", a-t-il ajouté. 

Le même effroi a été partagé par tous les bords politiques. "Toutes mes condoléances aux familles. C'est une véritable sauvagerie qui s'abat chaque jour sur la France", a écrit le président du Rassemblement national Jordan Bardella sur X. "J'exprime toutes mes condoléances et ma solidarité aux familles et proches des victimes de ce geste odieux, ainsi qu'à tous les personnels de la pénitentiaire", a écrit de son côté la députée européenne Manon Aubry. 

L'ensemble des organisations syndicales de l'administration pénitentiaire a appelé à un "blocage" mercredi des établissements et structures pénitentiaires "en soutien" de ceux qui étaient leurs collègues. 


M.T | Reportage Florence de Juvigny, Lucas Barbier et Léo Lemaitre

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