En août 2023, la mort de Fayed avait fait la une de l'actualité.
Cet enfant de 10 ans a été une victime collatérale d'un règlement de comptes entre trafiquants de drogue, dans la cité Pissevin de Nîmes.
Après trois mois d'enquête, la police a interpellé plusieurs suspects.

C'est un important coup de filet, avec des interpellations effectuées à Marseille, et dans le quartier nîmois de Pissevin. Grâce à des analyses d'ADN, les enquêteurs ont pu arrêter sept personnes, des hommes âgés de dix-sept à trente ans. Parmi eux se trouveraient les tireurs présumés, impliqués dans la mort de Fayed, dix ans.

"Au mauvais endroit, au mauvais moment"

Le 21 août 2023, filmée par des habitants, il y a eu une fusillade en pleine rue. Le petit garçon, d'origine mahoraise, se trouvait avec son petit frère de sept ans à l'arrière d'une voiture conduite par son oncle. Une cinquantaine de balles sont tirées et Fayed décédera à l'hôpital. Son oncle, âgé de 28 ans, a été grièvement blessé, tandis que son frère s'en est sorti indemne. 

La procureure de Nîmes, avait très vite insisté sur la certitude que Fayed et son oncle étaient "indéniablement" des victimes collatérales de la guerre entre bandes rivales pour le contrôle du trafic de drogue. "La famille de la victime n'est absolument associée d'aucune façon, ni avant ni actuellement, dans des faits de nature pénale", avait souligné Cécile Gensac. Elle "a eu pour seul malheur de passer au mauvais endroit au mauvais moment", avait-elle conclu. 

De l'ADN sur les douilles et les balles

Au moins cinq personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour homicide volontaire en bande organisée après la mort de Fayed, selon une source proche de l'enquête. "La plupart des personnes interpellées ont été confondues grâce au travail de la police scientifique, qui a pu identifier des suspects grâce à de l’ADN 

retrouvé notamment sur des douilles et des balles", a indiqué à l'AFP une autre source ayant requis l'anonymat, confirmant une information du Parisien. 

Un mois après le drame, un adolescent de 17 ans soupçonné d'avoir participé à cette fusillade avait trouvé la mort dans un accident de voiture. Connu de la police pour des faits de trafic de stupéfiants, son ADN avait été retrouvé sur une douille sur le lieu du drame. 

Une cité au cœur du trafic de drogue

Cette nouvelle avancée dans l'enquête est saluée par les habitants, encore marqués par la tragédie. Les résidents racontent cependant un quotidien toujours marqué par les fusillades à répétition. Le quartier Pissevin est une plaque tournante du trafic de drogue en France. Plusieurs villes du sud-est de la France dont Marseille, Avignon et Nîmes, situées sur un arc entre l'Espagne et l'Italie, sont touchées depuis plusieurs années par des assassinats liés au trafic de drogue, une violence qui fait de plus en plus de victimes collatérales. Deux jours après la mort de Fayed, un jeune homme de 18 ans avait été tué sur un point de deal du quartier, malgré le déploiement policier. 

Depuis cet été, des renforts de police sont présents dans le quartier. Mais la mesure est insuffisante pour mettre fin à l'insécurité, selon les associations de riverains. Le projet d'installation d'un commissariat de police au sein même du quartier, annoncé dans la foulée de la mort de Fayed est, quant à lui, toujours à l'étude. 


La rédaction de TF1info | Reportage : Léa Merlier, Antoine Cazabonne, Jean-Vincent Molinier

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