La pratique est illégale, mais plusieurs commerçants y ont quand même recours.
Excédés par des vols à répétition dans leurs boutiques, ils diffusent des images de vidéosurveillance sur les réseaux sociaux.
Enquête du 20H de TF1 en Moselle.

Une scène tristement banale de vol à l'étalage. "Ils se mettent à trois autour du PC. Il y en a un qui l'enlève, la petite qui se met dans un coin et qui le planque dans le sac..." Le responsable d'un dépôt vente de Sarreguemines (Moselle) n'a pu constater le larcin commis samedi matin qu'après coup, en revoyant les images de vidéosurveillance. Excédés après d'autres vols déclarés à la police sans aucun effet, son patron et lui n'ont pas hésité : ils ont décidé de diffuser la séquence sur les réseaux sociaux. Une première pour eux.

Ces dernières semaines, plusieurs commerçants de l'est du département ont appliqué le même procédé. Pour Jennyfer Basaou, commerçante en prêt-à-porter, c'était après s'être fait dérober des vêtements pour un préjudice de 480 euros. Des vols qui ne sont généralement pas couverts par les assurances. 

Une pratique illégale

Connue en anglais sous le nom de "Name and shame" ("nommer et couvrir de honte"), la pratique n'en demeure pas moins illégale. Rien n'autorise les commerçants à se faire justice eux-mêmes. "On n'a pas le droit de diffuser des images parce que les personnes qui figurent sur ces images bénéficient de la présomption d'innocence et ces images sont faites pour être transmises à la police", précise Me Delphine Meillet, avocate au barreau de Paris dans le reportage de TF1 visible en tête de cet article.

Face à ces professionnels ulcérés au point de se mettre dans l'illégalité, les clients sont partagés. Pour les syndicats de police, c'est la réponse judiciaire qui est insuffisante. Même s'il y a peu de chances qu'une plainte soit déposée par un voleur, les commerçants qui diffusent leurs images risquent jusqu'à un an de prison et 45.000 euros d'amende.


TF1 | Reportage Vincent Dietsch, Vincent Ruckly, Maurine Bajac

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