Quatre personnes, dont trois jeunes policiers, ont perdu la vie ce dimanche matin dans un accident de la route dans la métropole lilloise.
Selon une première source policière, le choc, "très violent", a été frontal.
Mais les circonstances exactes font l'objet d'une enquête.

La police nationale est en deuil : quatre personnes, dont trois jeunes policiers, sont mortes, et deux passagers ont été grièvement blessés ce dimanche matin, dans un accident de la route entre un véhicule de police et une voiture, dans la métropole lilloise. Les personnes décédées sont trois fonctionnaires du commissariat de police de Roubaix et le conducteur de l'autre véhicule impliqué, selon la préfecture du Nord. Les trois policiers, deux hommes et une femme membres d'un équipage de Police Secours, étaient âgés de 24 et 25 ans, selon une source policière et des sources syndicales. 

Darmanin au commissariat de Roubaix lundi matin

Une "jeune fille" qui était dans le véhicule de police avait été transférée en "urgence absolue" au centre hospitalier de Lille, comme le passager du second véhicule, a indiqué la procureure de Lille, Carole Etienne. Mais le pronostic vital de cette passagère n'était plus engagée en début d'après-midi, a-t-elle précisé. Selon la procureure, les policiers l'accompagnaient à l'hôpital pour qu'elle y soit examinée en tant que "victime potentielle" d'autres faits. Selon une source policière, il s'agit d'une adolescente de 16 ans. 

"Toutes mes pensées vont aux familles des victimes à qui j'adresse mes condoléances. Plein soutien aux blessés", a réagi sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, évoquant un "très grave accident de la circulation". Selon son entourage, il se rendra lundi matin au commissariat de Roubaix. Accouru dans la matinée, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, se trouvait dans l'après-midi au commissariat, où une cellule psychologique a été ouverte, a indiqué une source policière. Une minute de silence y a été observée, selon Arnauld Boutelier, secrétaire zonal adjoint du syndicat Alliance. 

Une collision très violente

La procureure a indiqué qu'il était encore trop tôt pour déterminer les circonstances exactes de l'accident et le parcours des passagers de la voiture tiers et a souligné qu'une enquête pour homicide et blessures involontaires a été ouverte. Elle a précisé que la "collision apparemment très violente" s'était produite vers 7 h 00, sur la RD 700 au niveau de Villeneuve-d'Ascq, quand la voiture de police "qui se trouvait sur une bretelle d'accès percute ou est percuté par un véhicule Alfa Romeo". "Le véhicule de police a été retrouvé en contrebas de la voie, dans le fossé"

Les deux occupants de l'autre véhicule "sont défavorablement connus de la police pour alcool, usage de stupéfiants et outrages", selon une source policière. Selon cette même source, un témoin a déclaré avoir vu le véhicule de police circulant à une vitesse normale percutée par un véhicule arrivant à contre-sens. 

Le directeur de la police nationale, Frédéric Veaux, a précisé dans un point presse devant le commissariat de Roubaix que "la voiture de police circulait normalement avec son gyrophare allumé" et "qu'il n'y avait aucune raison qu'un accident se produise à ce stade". "Manifestement, la voiture qui l'a percuté arrivait en contresens, sans que cette hypothèse soit encore complétement confirmée", a-t-il ajouté. 

C'est toute une profession qui est sous le choc.
Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat Unité-SGP

Sur les lieux de l'accident, la sous-préfète de l'arrondissement de Lille, Fabienne Decottignies a déploré "un véritable drame pour la police nationale". Et les réactions de soutien ne se sont pas fait attendre. Des gerbes de fleurs ont été déposées en début d'après-midi devant le commissariat, dont l'une au nom du député Insoumis du Nord, David Guirault, a constaté une journaliste de l'AFP. Un habitant indique être venu "en tant que citoyen et parent", pour remercier les policiers de leur "sacrifice".  

"C'est toute une profession qui est sous le choc", a réagi auprès de l'AFP le secrétaire national du syndicat Unité-SGP, Jean-Christophe Couvy. "On fait vraiment un métier particulier, où il n’y a pas de petite mission anodine. La mort frappe parfois quand on ne s’y attend pas, toute mission comporte un risque", a-t-il souligné. Le syndicat des commissaires de la police Nationale a également présenté dans un tweet ses condoléances aux familles des policiers décédés. Tandis que le syndicat Alternative Police, affilié à la CFDT, a tweeté : "la Police Nationale est en deuil. C'est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès en service de Manon, Steven et Paul".

Douze membres des forces de l'ordre ont trouvé la mort ces quinze dernières années dans des accidents multi-meurtriers, dont le dernier, survenu le 11 avril dans les Landes, avait coûté la vie à deux gendarmes qui tentaient de contrôler un véhicule roulant dangereusement à vive allure. 


V. F

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