VIDÉO - Affaire Hedi : un témoin raconte comment il a pris le jeune homme en charge après son agression

par N.K | Reportage TF1 Quentin Fichet, Charlotte Gerbelot et Nicolas Carme
Publié le 30 juillet 2023 à 14h16, mis à jour le 30 juillet 2023 à 15h46

Source : JT 13h WE

Près d'un mois après l'agression d'Hedi à Marseille, le vendeur de l'épicerie qui a accueilli le jeune homme blessé et son ami témoigne au micro du 13H de TF1.
Le vendeur dit l'avoir emmené à l'hôpital de la Timone.
L'ami d'Hedi est, quant à lui, aujourd'hui traumatisé.

C'est dans la nuit du 1er au 2 juillet, lors des émeutes qui avaient suivi la mort de Nahel tué par un policier le 27 juin dernier, qu'Hedi Rouabah, un serveur de 21 ans, a croisé la route de policiers de la brigade anticriminalité (BAC) dans une rue du 6e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône). Au micro de TF1, le jeune homme a affirmé avoir "reçu un impact de flash-ball dans la tête" avant de recevoir des "coups de matraques" de la part des policiers. Quelques minutes après ce déchaînement de violence, un ami d'Hedi assure l'avoir emmené jusqu'à une supérette afin de trouver de l'aide. Pour le 13H de TF1, le vendeur qui les a accueillis s'est exprimé pour la première fois.

"Il est rentré dans le magasin et au bout de deux, trois minutes, on a remarqué qu'il allait vraiment pas bien", se souvient le vendeur, avant d'ajouter : "On a décidé de le charger dans ma voiture pour le ramener à la Timone (le plus grand hôpital de Marseille, ndlr)." Aux urgences, Hedi a alors subi plusieurs opérations lourdes. Il lui manque désormais une partie de la boîte crânienne, et il doit porter un casque pour protéger la partie de sa tête enfoncée. La victime, à qui 60 jours d'ITT ont été prescrits, pourrait aussi perdre l'usage de son œil gauche.

"C'est de la violence gratuite"

L'ami d'Hedi, qui a emmené le jeune homme devant l'épicerie après son agression présumée par les policiers de la BAC, n'oubliera jamais cette soirée. Au micro de TF1, il affirme avoir assisté à la violente scène. "J'ai vu quatre ou cinq personnes courir sur lui", témoigne-t-il, assurant que son ami a reçu des "coups de poing", des "coups de pied" et des "coups de matraque". Depuis ce soir-là, le jeune homme, traumatisé, dit ne plus réussir à trouver le sommeil.

"C'est vraiment de la méchanceté gratuite, c'est de la violence gratuite, c'est ça qui fait peur", poursuit-il, affirmant ne plus savoir si "on peut encore avoir confiance en la police à 100 %"

Les policiers disent ne pas se souvenir de l'intervention

Certains policiers présents cette nuit-là auraient déclaré, lors de leurs auditions, ne pas se souvenir de cette intervention. Eddy Sid, représentant du syndicat Unité SGP Police FMSI-FO à Marseille, souligne l'extrême violence des émeutes et la fatigue de ses collègues à ce moment-là. "C'est des vacations qui ont duré entre 13 et 17h d'affilée, donc il est probable qu'ils ne se soient pas souvenus de tout et que ce ne soit pas un moment de la soirée qui les ait particulièrement marqués", souligne-t-il.

Quatre policiers de la BAC ont été mis en examen. L'un d'entre eux a été placé en détention provisoire et a depuis fait appel. Tous les agents de la BAC marseillaise se sont par ailleurs déclarés en arrêt maladie en signe de protestation après l'incarcération de leur collègue.


N.K | Reportage TF1 Quentin Fichet, Charlotte Gerbelot et Nicolas Carme

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