Un vol de grands crus a eu lieu dans l’une des plus belles caves du monde, celle du restaurant La Tour d’Argent à Paris.
Cette précieuse marchandise peut-elle être revendue ?
Y a-t-il des receleurs comme pour les diamants et les bijoux ?

C’est un vol aussi discret que spectaculaire. La direction de la prestigieuse Tour d’Argent a découvert le pot au rose lors d’un banal inventaire. Environ 80 bouteilles de grands crus se sont volatilisées. Le montant du butin dépasse à première vue le million d’euros. La police judiciaire parisienne va désormais tenter de remonter la trace de ces "Arsène Lupin", amateurs de bons vins.

Le ou les voleurs semblaient parfaitement connaître les lieux. Ils n’ont pas eu besoin de forcer la moindre serrure, de casser une fenêtre, encore moins de percer un mur. Ils sont repartis avec leur précieux butin le plus tranquillement du monde.

Des bouteilles qui peuvent coûter à 50.000 euros

Ces dernières années, les vols de grands crus se sont multipliés à travers la France. D’après un fin connaisseur de l’univers des vins, la Tour d’Argent constituait une cible rêvée pour les voyous. "Il y a effectivement des très grands crus à La Tour d'argent. Des crus magiques, des noms qui font rêver tout le monde : Romanée-Conti, Petrus, mais il y en a beaucoup d'autres. On prétend que la cave de 350 à 400.000 bouteilles", nous explique Aymeric de Clouet, expert en vins et spiritueux.

Le luxueux restaurant avait, d’ailleurs, l’habitude d’apposer un tampon sur l’étiquette de ses bouteilles pour les rendre identifiables et, donc, difficiles à revendre après un vol. "Ça permet de retrouver la trace de ces bouteilles et ça restreint beaucoup le marché dans lequel on peut les revendre", poursuit l'expert.

Face à des commandos parfois armés, de plus en plus de propriétaires s'équipent avec des caméras de surveillance ou un système d'alarme. Comme les braqueurs de joailliers, les voleurs de grands crus travaillent pour des commanditaires, assoiffés de bouteilles d'exception, qui coûtent parfois 50.000 euros pièce. "Par exemple le vol de Romanée-Conti, c'est une production qui est très faible donc certaines personnes peuvent le chercher sur le marché noir ou même faire des commandes de ce type-là", analyse Cécilia Trimaille, œnologue et directrice technique au château d'Auzac.

Les bouteilles dérobées restent rarement en France. Les cavistes hors-la-loi préfèrent les faire déguster à des voyous fortunés basés partout dans le monde.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : George Brenier, Antoine Janon

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