La police alerte ce lundi sur des arnaques aux vignettes Crit'Air.
D'après elle, des escrocs ont créé un faux site internet pour soutirer les coordonnées bancaires des automobilistes.
Plus d'une cinquantaine de cas ont été signalés en 2022.

Les vignettes Crit'Air dans le viseur des arnaqueurs. Alors que des zones à faibles émissions (ZFE) fleurissent dans tout le pays, de plus en plus de Français se retrouvent dans l'obligation de commander leur vignette "Crit'Air" sur Internet, cette dernière étant obligatoire pour y circuler. De quoi attirer l'appétit des escrocs, qui voient dans le développement de cette pratique un nouveau moyen de soutirer aux victimes leurs coordonnées bancaires.

Ce lundi 23 janvier, la police sonne l'alerte. "Sur les deux années 2020 et 2021, 43 faits ont été signalés contre 56 pour 2022, dont 38 entre juillet et décembre", souligne auprès de l'AFP William Hippert, chef du Service d'analyse stratégique de la criminalité organisée, rattaché à la direction centrale de la police judiciaire. "Des statistiques sans doute au-deçà de la réalité, mais qui montrent une accélération."

Une arnaque à plus de 10.000 euros

Pour parvenir à leurs fins, les arnaqueurs ont été jusqu'à créer un faux site internet. Il reprend les codes visuels et la mise en page du véritable site officiel du gouvernement. Une fois les victimes arrivées sur cette page, les escrocs leur demandent de partager leurs données bancaires. Une autre technique, plus classique, consiste à envoyer un SMS ou des mails à partir de bases de données constituées illégalement afin de diriger la victime vers le site frauduleux.

L'arnaque ne s'arrête pas là. "Parfois, après un premier appel, l'escroc téléphone à la victime en se faisant passer pour son banquier venu l'avertir qu'elle a été escroquée", explique William Hippert. "Il lui demande accès à ses comptes pour soi-disant annuler la transaction." En fin d'année 2022, une personne a ainsi viré 10.700 euros sur un compte en Espagne, une autre 3000 euros en Lituanie, selon la même source.

La vignette Crit'Air, qui coûte 3,72 euros, "ne peut s'obtenir que sur le site du gouvernement et il n'est jamais question de demander de quelconques coordonnées bancaires", rappelle le commissaire. Actuellement, 11 agglomérations ont mis en place des zones à faibles émissions (ZFE) obligeant à s'acquitter d'une vignette : Grand Paris, Lyon, Aix-Marseille, Toulouse, Nice, Montpellier, Strasbourg, Grenoble, Rouen, Reims et Saint-Étienne. D'ici à 2025, en vertu de la loi Climat, les 43 métropoles de plus de 150.000 habitants devront mettre en œuvre une ZFE, sous réserve de dérogations dans quelques cas.


I.N

Tout
TF1 Info