Violences faites aux femmes : le bilan alarmant des appels au 3919

F.S.
Publié le 22 novembre 2022 à 18h26, mis à jour le 23 novembre 2022 à 12h16
JT Perso

Source : TF1 Info

La Fédération nationale Solidarité Femmes a analysé les données du 3919 sur l'année 2021.
Cette ligne d'urgence permet de signaler des violences sexistes.
Le nombre d'appels est en hausse de 14% par rapport à 2019.

La Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui est à l'origine de la création du numéro d'urgence 3919, regroupe 73 associations dans toute la France. À l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le 25 novembre, cette fédération a analysé l'ensemble des appels passés au 3919 sur l'année 2021. 

Avec 92.674 appels pris en charge en un an, la FNSF constate une augmentation de 14% par rapport en 2019. Le chiffre est en baisse par rapport à 2020, une année à part, où les sollicitations avaient littéralement explosé durant le confinement (99.538 appels). L'analyse des appels révèle notamment une aggravation des viols conjugaux, des menaces de mort et des tentatives de féminicide. Les auteurs de l'étude relèvent aussi un fort taux de récidive : plus de 2100 auteurs de violences s'en étaient déjà rendus coupables par le passé.

Une ligne désormais ouverte en continu

Les auteurs de l'étude rappellent que la ligne est désormais ouverte 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, depuis le mois de juin 2021. C'est entre 9h et 22h que se concentre l'immense majorité des appels (85%). 50.931 d'entre eux signalent des violences exercées contre des femmes, qui pour 92% sont exercées par conjoint. 

Les appels pour dénoncer des violences hors situation conjugale sont également en forte hausse, et sont passés particulièrement la nuit : +72% par rapport à 2019. Dans 70% des cas dénoncés, ce sont les victimes elles-mêmes qui appellent le 3919.

Disparités régionales

Solidarité Femmes note que les Franciliennes sont celles qui sollicitent le plus le numéro d'urgence, avec plus du quart des appels nationaux (26,5%), suivies des habitantes d'Auvergne-Rhône-Alpes (11%). Près de la moitié des victimes (48%) ont entre 20 et 39 ans.

De nombreux récidivistes

Les violences conjugales constatées sont de six types : psychologiques, verbales, physiques, sexuelles, administratives et économiques. Les violences sexuelles sont en forte hausse et représentent 11% des cas dénoncés, soit une augmentation de 47% par rapport à l'année précédente. Dans 60% de ces cas, il s'agit de viol conjugal. 

Les menaces de mort atteignent le taux alarmant d'un cas sur cinq, soit deux fois plus qu'en 2019 ou 2020. Les tentatives de féminicides rapportées concernent quant à elles une femme sur dix. L'étude révèle aussi que de nombreux agresseurs sont en état de récidive : dans 2163 situations, le conjoint violent l'avait déjà été par le passé, pour moitié sur une précédente compagne.

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La FNSF attire aussi l'attention sur les violences dites économiques, qui sont en augmentation de 6%, selon l'analyse des appels de 2021. La moitié seulement des victimes sont en situation d'emploi, contre 70% pour leurs agresseurs. Un écart, notent les auteurs de l'étude, "trois fois plus important au 3019 que dans la population générale".

Solidarité Femmes renouvelle, en conclusion de son rapport, son plaidoyer déjà exprimé lors des élections de 2022. La fédération appelle notamment à la création de juridictions spécialisées, à une meilleure prise en compte des violences conjugales dans l'attribution de l'exercice de l'autorité parentale et la lutte contre la précarisation des femmes victimes de violences, y compris après la séparation. 

Pour mémoire, selon les chiffres fournis ce mercredi à TF1 et LCI de source gouvernementale, 122 femmes sont mortes des mains de leur conjoint en 2021, contre 102 victimes en 2020. Près de 186800 personnes ont été victimes de violences conjugales en 2021, soit un bond de 17% par rapport à 2020, et de 27% par rapport à 2019.


F.S.

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