Pédocriminalité dans l'Église : un phénomène d'ampleur

Violences sexuelles dans l'Église : le cardinal Ricard au centre d'une nouvelle affaire

TG avec AFP
Publié le 7 novembre 2022 à 23h19, mis à jour le 8 novembre 2022 à 12h11
JT Perso

Source : TF1 Info

Onze évêques ou anciens évêques ont été mis en cause devant la justice civile ou la justice de l'Église après des signalements.
Le cardinal Ricard, ancien archevêque de Bordeaux, est concerné.
Il a reconnu une conduite "répréhensible" sur une mineure de 14 ans, il y a 35 ans.

L'Église de France au cœur de la polémique. L'épiscopat a révélé lundi que onze anciens évêques avaient eu affaire à la justice civile ou la justice de l'Église pour des violences sexuelles ou de la "non-dénonciation". Au cœur de cette affaire : l'ancien archevêque de Bordeaux, le cardinal Ricard, qui a eu une conduite "répréhensible".

"Il y a 35 ans, alors que j'étais curé, je me suis conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Mon comportement a nécessairement causé chez cette personne des conséquences graves et durables", a écrit le cardinal Ricard dans un message. Ce dernier a été lu ce lundi 8 novembre par le président de la Conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, qui tenait un point presse sur le thème des abus sexuels et de leur gestion à la veille de la clôture de l'assemblée plénière de la CEF à Lourdes.

Des faits commis il y a 35 ans

"J'ai décidé de me mettre à la disposition de la justice, tant sur le plan de la société que de celui de l'Église", a-t-il ajouté, affirmant avoir demandé "pardon" à cette victime, toujours selon ses propos rapportés. Commis il y a 35 ans alors qu'il était en poste à Marseille, les faits sont vraisemblablement prescrits.

Cet aveu du cardinal Ricard, 78 ans, qui fut notamment évêque de Coutances, Montpellier puis de Bordeaux de 2001 à 2019, et qui a pris sa retraite en octobre 2019, a été accueilli "comme un choc" par les 120 évêques réunis dans la cité mariale depuis jeudi, a souligné le président de la CEF. Notamment car, en 2016, au plus fort de la tempête autour de l'ex-archevêque de Lyon Philippe Barbarin, accusé de ne pas avoir dénoncé à la justice des abus sexuels commis par un prêtre dont il avait pourtant eu connaissance, le cardinal Jean-Pierre Ricard avait eu des mots sans équivoque : "Quand il y a une accusation, soit il faut que la famille porte plainte, soit il faut inviter le prêtre lui-même à se dénoncer, ou bien l'évêque a un devoir de faire un signalement au procureur de la République", avait-il déclaré à la presse en insistant sur les cas concernant les mineurs.

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Mgr Ricard, ancien président de la CEF, est cardinal depuis 2006. A deux années de sa "retraite" de cardinal, Mgr Ricard est l'un des quatre cardinaux français à pouvoir siéger dans le Collège cardinalice susceptible d'élire un nouveau pape.

Le président de la CEF a par ailleurs détaillé les cas d'autres prélats ayant eu affaire à la justice. "Il y a aujourd'hui six cas d'(anciens, ndlr) évêques qui ont été mis en cause devant la justice de notre pays ou devant la justice canonique", a-t-il déclaré, soulignant que ces cas étaient "connus" de la presse. L'un d'entre eux est toutefois "décédé" depuis, a indiqué ultérieurement la CEF à la presse, précisant qu'il s'agissait de Pierre Pican, décédé en 2018, condamné pour non-dénonciation.


TG avec AFP

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