Brésil : au moins 110 morts à Petropolis, les recherches continuent

E.Ro. avec AFP
Publié le 17 février 2022 à 22h46, mis à jour le 17 février 2022 à 23h36
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Plus de 260 millimètres d'eau sont tombés à Petropolis, entraînant des glissements de terrains et des inondations.
Au moins 110 personnes sont décédées, selon le dernier bilan officiel ce jeudi.
Le président Jair Bolsonaro a demandé à ses ministres d'apporter "une aide immédiate aux victimes".

Sur les réseaux sociaux, les images sont impressionnantes. On y voit de l'eau qui dévale les rues du centre historique de Petropolis, une ville touristique située près de Rio de Janeiro au Brésil, des habitations détruites par des glissements de terrain, des voitures emportées par le courant et des commerces complètement inondés à la suite de pluie violentes survenues mardi 15 février. Des voitures, emportées par des rivières de boue, se retrouvaient aussi les roues en l'air ou empilées sur d'autres véhicules. 

Après avoir annoncé 38 décès, le bilan s'établissait mercredi soir à 71 morts, avant d'être à nouveau revu à la hausse jeudi, s'alourdissant à 110 morts. Selon un comptage de la police locale, plus de 130 personnes sont portées disparues. Mais ce nombre pourrait être finalement moins élevé car seuls 33 des 110 corps retrouvés jusqu'à présent ont été identifiés. Les premières victimes dont les corps ont été identifiés à l'institut médico-légal ont été enterrées dans un cimetière du centre de Petropolis. Parmi elles, une femme de 22 ans et ses deux enfants, de deux et cinq ans.

"L'état de calamité"

Quelque 500 pompiers étaient encore mobilisés pour les recherches de disparus dans cette ville de 300.000 habitants située dans une région montagneuse à 60 km au nord de Rio de Janeiro, qui reste sous la menace de nouvelles fortes précipitations. "Des équipes spécialisées en recherche et en sauvetage ont été envoyées pour renforcer les opérations de secours, avec l'appui de véhicules 4x4 et de bateaux", ont annoncé mercredi les pompiers dans un communiqué. 

Dans les rues survolées par les hélicoptères des sauveteurs, de nombreux habitants parlaient de proches ou de voisins disparus, a constaté un journaliste de l'AFP. "Malheureusement, ça va être dur de trouver des survivants. Vu la situation, c'est même pratiquement impossible, mais nous devons donner notre maximum, pour pouvoir rendre les corps aux familles", confie à l'AFP Luciano Gonçalves, un bénévole de 26 ans couvert de boue. "Il faut prendre beaucoup de précautions parce qu'il y a encore des zones à risque", menacées par des glissements de terrain, ajoute-t-il.

La situation menace d'empirer dans les prochaines heures. La Défense civile a émis un avis de "nouvelles fortes pluies en soirée ou la nuit prochaine" et averti que "de nouvelles alertes" pouvaient "être lancées à tout moment". En cas de fortes pluies, "les personnes se trouvant dans les zones à haut risque doivent se réfugier en lieu sûr", a recommandé la Défense civile, ajoutant que plus de 700 personnes avaient déjà été recueillies dans l'une des 33 écoles.

Le quartier le plus touché de Petropolis est Alto da Serra, une colline que de nombreuses familles descendaient mercredi en pleurant, emportant les maigres affaires qu'elles ont pu sauver, ont constaté des journalistes de l'AFP. "Tous les gens dans la rue disent qu'on dirait une zone de guerre", a déclaré Wendel Pio Lourenço, un habitant de 24 ans qui participe depuis la veille aux secours. "J'ai retrouvé une petite fille engloutie dans la boue", dit le jeune homme.

Petropolis, ancienne résidence d'été de la Cour impériale avec ses vieilles maisons cossues, était une cité très touristique qui attirait un grand nombre de visiteurs en quête d'histoire, de randonnées dans une nature montagneuse et verdoyante et d'un climat tempéré. Mais la ville a décrété "l'état de calamité" pour faire face à l'urgence et le gouverneur de l'État brésilien, Claudio Castro, s'est rendu sur place pour apporter son soutien. 

Le président Jair Bolsonaro, qui était en visite officielle en Russie en début de semaine, puis en Hongrie ce jeudi, devait se rendre à Petropolis vendredi, dès son retour au Brésil, pour survoler les zones sinistrées. Il avait déclaré mercredi sur Twitter avoir demandé à ses ministres d'apporter "une aide immédiate aux victimes". "De Moscou, j'ai appris la tragédie qui a frappé Petropolis [...] Que Dieu réconforte les familles des victimes" a-t-il aussi écrit. 

Les "pires pluies en volume depuis 1932"

Près de 260 millimètres d'eau sont tombés en moins de six heures, soit davantage que ce qui était prévu sur tout le mois, selon l'agence météorologique MetSul. Les pluies ont pris fin, mais d'autres, "de légères à modérées", sont encore prévues pour les prochaines heures, a prévenu la mairie. Claudio Castro a estimé mercredi au cours d'une conférence de presse sur place qu'il s'agissait des "pires pluies en volume depuis 1932"

Lire aussi

En janvier 2011, plus de 900 personnes avaient péri en raison d'inondations et de glissements de terrain dans une vaste région comprenant Petropolis et les villes voisines de Nova Friburgo, Itaipava et Teresopolis. Le nombre des morts dues aux pluies diluviennes de mardi a déjà dépassé le bilan de 2011 pour Petropolis, quand 73 personnes avaient péri.

Le Brésil a été frappé en cette saison des pluies par des précipitations particulièrement meurtrières - dans les États de Bahia (nord-est), Minas Gerais et Sao Paulo (sud-est) - que les experts ont liées au réchauffement climatique, qui augmente les risques d'épisodes de fortes précipitations. Ces pluies, associées notamment au Brésil à une urbanisation souvent sauvage, favorisent inondations et glissements de terrain meurtriers.


E.Ro. avec AFP

Tout
TF1 Info