Île-de-France : malgré un temps maussade, l'été 2023 est plus chaud que l'an passé

par F.S.
Publié le 30 juillet 2023 à 16h00

Source : JT 20h WE

En Île-de-France, beaucoup se sont réjouis - ou se sont plaints - du temps mitigé qui règne sur la région depuis le début du mois de juillet.
Alors que les températures restent clémentes, d'autres en ont profité pour remettre en cause le changement climatique dû aux activités humaines.
Pourtant, malgré la météo, l'été 2023 est pour l'instant plus chaud que 2022 dans la région parisienne.

Le ressenti peut être parfois trompeur. Alors que le nord de la France, et notamment l'Île-de-France, vit sous un temps pour le moins perturbé depuis le début du mois de juillet, certains ont profité de cette météo pour remettre en cause le changement climatique dû aux activités humaines. Face à des températures qu'ils jugent "fraîches", plusieurs "climatodénialistes" ont estimé que le réchauffement de la planète était exagéré, voire inventé. Une réalité qui fait pourtant largement consensus au sein de la communauté scientifique, tout comme la responsabilité humaine dans ce bouleversement du climat mondial.

D'autant que la "fraîcheur" ressentie en Île-de-France ne se traduit pas dans la réalité. Dans la capitale française, les relevés de température à la station de Paris-Montsouris montrent que tout le début du mois de juillet a connu des températures supérieures aux normes de saison, le thermomètre passant pour la première fois sous la moyenne aux alentours du 25 juillet, comme le détaille l'agroclimatologue Serge Zaka sur Twitter. Le journaliste météo Anthoany Kaczmarek pointe même que cet été 2023 est "pour le moment un peu plus chaud que celui de l'an dernier" avec 21,8°C de moyenne contre 21,7°C l'an passé, alors que la saison avait connu trois vagues de chaleur, y compris dans le nord de la France. 

Un été bien plus chaud en moyenne

Ces chiffres s'expliquent par le fait que la chaleur a été régulière tout au long du mois de juillet en Île-de-France. Sans pic de chaleur, mais sans pic de froid non plus. Le météorologue François Jobard pointe ainsi un "manque flagrant de véritable fraîcheur cet été pour le moment". "Si 26°C de maxi (températures maximales, NDLR) c'est frais... l'amnésie écologique a de beaux jours devant elle", s'inquiète-t-il sur Twitter, pointant que, "comme en 2021, il est fascinant de voir que pour beaucoup, pas de canicule signifie été 'trop frais' alors que précisément cet été est marqué aussi par une fraîcheur diminuée et rare". 

La différence entre la mémoire climatologique des habitants de l'Hexagone et la réalité des faits est particulièrement marquée dans le nord de la France. Dans le sud, touché par une importante vague de chaleur, notamment dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, la hausse des températures est, quant à elle, bien marquée. À l'échelle de la France, le thermomètre a été presque constamment été au-dessus des normales de saison, d'après l'indicateur thermique national. 

Cet outil, développé par Météo-France, présente, à partir d'un panel de 30 stations météorologiques, la situation de l'année en cours par rapport aux conditions "normales" des années précédentes, calculées à partir de la moyenne de 1981 à 2010. Selon ces données, mises en image par l'association Infoclimat, le thermomètre n'est descendu sous les normales de saison que les 22, 24,25 et 26 juillet. Ce samedi 30 juillet devait également être en dessous des normales de saison. 

Ainsi, au niveau national, la situation reste très similaire à celle des années précédentes. Par exemple, les températures n'étaient inférieures que d'un petit degré le 26 juillet par rapport à la normale. A contrario, la semaine précédente, les températures étaient anormalement élevées. Le 18 juillet, par exemple, le mercure affichait 2,4°C de plus que les années précédentes. Plus globalement, si la fin du mois de juillet est (un peu) plus fraîche que la normale, cette légère baisse des températures arrive après plusieurs longs mois où la chaleur a battu des records. Et cette première partie de l'été reste largement plus chaude que celle des années précédentes. Elle se place à la quatrième place, derrière les étés caniculaires de 2003, 2006 et 2022.

En fait, évoquer des épisodes ponctuels de froid pour décrédibiliser un phénomène visible sur le long terme est trompeur. Cela revient à faire l'amalgame entre la météo, qui varie de jour en jour, et le climat qui décrit les conditions atmosphériques moyennes sur plusieurs années. Ainsi, s'il fait effectivement (un peu) plus froid pour cette fin de mois, l'été reste bien au-dessus des normales. Du 1er juin au 27 juillet, la température moyenne France était de 15,63°C, soit 3°C de plus que la moyenne.


F.S.

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