Avec un anticyclone largement présent depuis le début de l’année, l’ensoleillement bat des records dans le nord du pays.
Le soleil a ainsi davantage brillé sur la côte d’Opale que dans certaines villes du sud de la France.
En avril, le littoral de la Manche s’est même placé devant les régions méditerranéennes.

Quand le soleil brille davantage au nord… Qu’au sud ! Si ce constat peut être fait de temps en temps lors de situations météorologiques bien précises, il est nettement plus rare sur une durée de plusieurs mois. C’est pourtant ce qu’il se produit depuis le début de l’année avec des excédents d’ensoleillement atteignant + 30 à + 50 % au nord de la Seine alors qu’au même moment, un léger déficit est observé près des Pyrénées, de quoi bouleverser le classement des villes les plus ensoleillées de France…

Du jamais vu depuis 1949

Avec en moyenne 700 heures de soleil depuis le 1er janvier dans les Hauts-de-France, la région la plus septentrionale de France affiche des records dans des villes comme Saint-Quentin, Calais ou encore Le Touquet. Dans cette station balnéaire de la côte d’Opale, le cumul atteint précisément 691 heures au 10 mai, soit un excédent de plus de 30 %. Les records établis précédemment en 2021 avec 621 h ou en 2020 avec 612 h sont ainsi largement battus. Même constat à Saint-Quentin (Aisne) avec + 50 % de lumière qu’en temps normal et le record de 623 h établi en 1949 largement devancé. 

La capitale n’est pas en reste avec, là aussi, un nouveau record établi entre le 1er janvier et le 10 mai. Le soleil a ainsi brillé 688 heures à Paris (+ 40 % / normale), soit 64 heures de plus qu’en 1949, date du précédent record et du début des relevés d’ensoleillement ! Et pendant ce temps, « seulement » 601 heures d’ensoleillement ont été enregistrées à Biarritz, soit un léger déficit de - 5 %. Le soleil a donc davantage brillé en 2022 (jusqu’à ce jour) sur la côte d’Opale que sur la côte basque ! Même constat à Carcassonne avec 672 h de soleil depuis le 1er janvier, soit un chiffre dans les normes, mais devancé par les valeurs exceptionnelles des Hauts-de-France. 

Un mois d’avril hors norme

Avec les records observés dans le nord du pays où ce début d’année est le plus ensoleillé jamais observé, le littoral du Pas-de-Calais est même à quelques dizaines d’heures à peine de certaines villes méditerranéennes comme Nîmes ou Perpignan. Au mois d’avril, elles se sont même payées le luxe de les battre ! Ainsi, du 1er au 30 avril, le soleil s’est montré plus généreux dans le nord que dans le sud-est avec 234 heures cumulées au Touquet contre 230 heures à Nîmes et Ajaccio ou encore 221 heures à Perpignan. Une ville bretonne, Lorient, est également devant avec 231 heures de lumière !

L’ensoleillement de ces 4 derniers mois pour le moins inhabituel s'explique en partie par les hautes pressions présentes sur l'Europe de l'Ouest, elles-mêmes responsables de la sécheresse précoce qui s’est installée. Alors qu’à cette période de l’année, les plantes et cultures ont particulièrement besoin d’humidité pour se développer, un soleil généreux va favoriser l’évapotranspiration, c’est-à-dire la perte d’eau des végétaux dans l’atmosphère. À ce jour, une quinzaine de départements sont soumis à des restrictions d’usage de l’eau. 


Guillaume Woznica

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