Intempéries : comment expliquer l’orage stationnaire qui a touché le Gard mardi ?

Guillaume Woznica
Publié le 15 septembre 2021 à 11h57
JT Perso

Source : TF1 Info

INTEMPÉRIES - Les inondations qualifiées d’exceptionnelles qui ont touché une partie du Gard hier sont la conséquence d’un orage stationnaire qui a déversé plus de 250 mm de pluie en l’espace de quelques heures. Comment expliquer un tel phénomène ?

Quand l’exceptionnel semble se répéter… Moins d’un an après les inondations historiques et meurtrières dans les vallées de la Vésubie et de la Roya (Alpes-Maritimes) et quelques jours après un orage inédit pour la région d’Agen, de nouvelles intempéries ont frappé le sud du pays. Des records de pluie ont ainsi été battus hier dans le Gard et des cours d’eau ont vu leur niveau frôler celui atteint lors des inondations références pour la région nîmoise, en octobre 1988. 

Comment expliquer une telle situation qui a nécessité le passage d’un département méditerranéen en vigilance rouge pluie-inondation pour la 14e fois depuis sa création, en 2001 ?

Près de 3 mois de pluie en moins de 4 heures

Initialement, Météo-France craignait des orages et des pluies diluviennes dans le département de l’Aude mercredi dernier. Mais c’est finalement le Gard qui a essuyé hier des précipitations particulièrement intenses sous une cellule orageuse peu mobile. Placé en vigilance orange dès 6h, le département a basculé en vigilance rouge à 11h30 et jusqu’en début d’après-midi. 

La raison de cette situation ? Un orage stationnaire. Alors qu’un flux d’ouest à sud-ouest s’était établi en altitude, en liaison avec une dépression positionnée sur le Portugal, une autre petite dépression s’est formée dans les parages des Baléares. Celle-ci a alors dirigée un flux de sud-est dans le golfe du Lion, ce vent marin qui s’est ensuite engouffré dans la vallée de la Garonne, entre le Massif Central et les Pyrénées. 

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Ces vents contraires se sont rencontrés entre le Gard et l’Hérault, c’est ce que l’on appelle une ligne de convergence. C’est aussi à cet endroit précis qu’un orage s’est formé en début de matinée, ne pouvant ainsi progresser durant plusieurs heures : le Vaunage, cette plaine située entre Sommières et Nîmes, se situait sous cet orage stationnaire. 

Alimenté par ce flux de sud-est chaud et humide, il s’est ensuite régénéré sur place entre 9h et 13h, conduisant à ce cumul exceptionnel de 276 mm à Saint-Dionisy, dont 244 mm en 3 heures : un record sur ce laps de temps pour le département du Gard. Selon les climatologues, de telles quantités de pluies en 3 heures s’observent "moins d’une fois par siècle".

Orage stationnaire, épisode cévenol… une saison à risques

Outre le risque d’orage stationnaire à cette période de l’année qui peut d’ailleurs se produire dans toutes régions (comme à Agen la semaine dernière), des épisodes cévenols ou plus largement méditerranéens peuvent également se mettre en place dans ces régions. 

Sous l’impulsion d’une dépression située généralement sur l’Espagne, des pluies remontent alors de Méditerranée et viennent se bloquer sur le relief. Quand ces précipitations se bloquent contre les Cévennes, on parle d’épisode cévenol. Ce phénomène, caractéristique du climat de ces régions, se produit en général quatre à cinq fois par an, sans pour autant être violent à chaque. 

Le mois de septembre, et plus largement la saison automnale s’étirant de la fin août jusqu’au mois de novembre, constitue une période à risques pour le sud-est avec une mer Méditerranée encore chaude et l’arrivée de masses d’air plus froid par l’ouest, des ingrédients nécessaires pour la mise en place de ces orages et de ces fortes pluies.


Guillaume Woznica

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