Sécheresse : après le déficit de pluviométrie d'avril, les céréales en danger

T.G. avec l'AFP
Publié le 10 mai 2022 à 6h39, mis à jour le 10 mai 2022 à 17h40

Source : JT 20h Semaine

Quinze départements sont en "vigilance" ou "alerte" sécheresse.
La faute à un temps sec et ensoleillé qui ne faiblit pas.
Des mesures de restrictions d'eau sont d'ores et déjà mises en place.

Après un mois d'avril "en déficit de 25% de pluviométrie", quinze départements sont aujourd'hui en situation de "vigilance" ou d'"alerte" contre la sécheresse. Une situation qui "aura un impact sur la production de céréales", ont indiqué lundi les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique.

Les céréales seront affectés

"Les cultures d'hiver, comme le blé ou l'orge, qui sont aujourd'hui en phase de développement, commencent à connaître des situations qui vont affecter les rendements", a-t-on indiqué au ministère de l'Agriculture. "Il y aura un impact sur la situation des céréales" même s'il "est encore beaucoup trop tôt pour avoir une évaluation précise".

La FNSEA, syndicat agricole majoritaire, a dressé ce lundi un constat tout aussi alarmiste : "Aucune région n'est épargnée", a déclaré à l'AFP sa présidente, Christiane Lambert. "Chaque jour qui passe, on voit des sols se craqueler. Hier, j'étais chez un agriculteur du Puy-de-Dôme, il arrose son blé. Si cela continue comme ça, ceux qui ont la possibilité d'irriguer vont s'en sortir, les autres auront des baisses de rendement dramatiques".

Météo-France évoque "un épisode de chaleur" qui, sans être inédit, est "remarquable par sa précocité, sa durabilité et son étendue géographique". "Depuis octobre-novembre, il y a d'énormes sécheresses au Portugal et en Espagne, qui remontent en Occitanie et en Provence et le long de la vallée du Rhône. Ce qui est inhabituel en cette saison, c'est que la sècheresse touche le nord de la Loire", a ajouté la présidente de la FNSEA.

Les cultures de printemps ralentissent

Le temps sec et chaud de la fin avril et de ce début mai pourrait aussi, s'il perdure, affecter les cultures de printemps, comme le tournesol, la betterave et le maïs, ainsi que les fourrages, alors que les pousses d'herbes, qui étaient jusqu'à présent plutôt meilleures que d'habitude, ralentissent.

À l'issue de réunions avec les agences de l'eau et les professionnels du monde agricole, les ministères ont notamment annoncé que le guichet "Troisième révolution agricole" ouvert en avril pour aider les agriculteurs à faire face au changement climatique et initialement doté de 20 millions d'euros, allait être rallongé "de 20 millions supplémentaires".

Face au risque de sécheresse cet été, le gouvernement avait par ailleurs annoncé fin avril que les agences de l'eau pourraient dépenser 100 millions d'euros supplémentaires pour aider les filières agricoles à s'adapter au changement climatique ou créer des retenues d'eau, une mesure contestée par des associations écologiques et certains syndicats paysans.

D'ores et déjà, 15 départements sont soumis à des restrictions qui vont de l'incitation à des économies d'eau (stade de vigilance) à l'interdiction d'arrosage des jardins ou des champs à certaines heures (alerte), et pouvant mener à la réduction de 50% des prélèvements d'eau à des fins agricoles ou à l'interdiction totale de prélèvements d'eau pour laver sa voiture ou arroser les espaces verts (alerte renforcée).


T.G. avec l'AFP

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