Mercredi 24 mai, Météo-France a dévoilé son bilan des vigilances météorologiques émises en 2022.
Les déclenchements pour orages ont été deux fois plus forts que les années précédentes, idem pour les épisodes caniculaires.
Critiquée après l'orage meurtrier de juillet en Corse, l'agence publique s'est encore défendue de toute faute.

Une année tristement exceptionnelle. En 2022, Météo-France a diffusé 70 alertes orange ou rouge pour l'ensemble du territoire français. "32 [vigilances] ont concerné des orages, soit deux fois plus que les années précédentes pour ces phénomènes à faible prévisibilité", met en exergue Météo-France dans un bilan publié ce mercredi 24 mai. Le nombre de déclenchements des alertes "canicule" est aussi à un très haut niveau, selon ce même bilan.

Sur les dix dernières années, le nombre d'épisodes de canicule par an se limitait à deux, a précisé Véronique Ducrocq, directrice des opérations pour la prévision chez Météo-France, lors d'un point presse, ce mercredi 24 mai.

Sur l'ensemble de 2022, les épisodes de vigilance canicule orange et rouge pour "canicule" ont totalisé 38 journées, soit quatre épisodes d'une durée longue, la plus importante s'étant étalée du 12 au 26 juillet. L'été 2022, deuxième plus chaud en métropole depuis 1900, a été à ce titre particulièrement exceptionnel, cumulant 33 jours de vagues de chaleur, contre 22 lors de la canicule de 2003, avec notamment des vigilances rouges - le plus haut niveau - dans 14 départements du sud-ouest entre le 16 et le 19 juin et même 15 départements de la façade atlantique du 17 au 19 juillet

En tout, ce sont quatre vigilances météorologiques pour "canicule" qui ont été émises par Météo-France, contre deux en moyenne depuis 2012. "Les épisodes de précipitations intenses ont été rares en comparaison des quatre dernières années", précisent également les experts.

Côté orages, Météo-France avait été critiquée pour ne pas avoir déclenché assez tôt l'alerte orange lors de l'orage d'une intensité exceptionnelle intervenu en Corse le 18 août, des intempéries qui avaient causé la mort de cinq personnes. L'agence s'est défendue à nouveau ce mercredi. "De telles valeurs de rafales n'ont jamais été observées auparavant en métropole" et "l'extrême rapidité du phénomène (...) n'ont pas permis de les anticiper".

Une alerte tous les trois jours

En 2022, il y a eu en tout 70 épisodes de vigilance orange ou rouge, tout phénomène confondu en métropole, avec 123 journées distinctes avec au moins un département concerné. Soit une alerte émise environ tous les trois jours. "C'est un peu au-dessus de la moyenne des dix dernières années (112 jours) mais loin du maximum atteint en 2018 (144)", a souligné Mme Ducrocq. Un seul département n'a été concerné par aucune vigilance orange ou rouge en 2022 : la Lozère. La Loire, de son côté, a été mise en alerte à 14 reprises quand les Pyrénées-Atlantiques, le Rhône et le Tarn l'ont été à 13 reprises chacun.

Les cartes de vigilance de Météo-France existent depuis octobre 2001. Leur nécessité était apparue évidente après la tempête et les inondations de 1999. Elles couvrent aujourd'hui neuf phénomènes : vent violent, orages, neige-verglas, avalanches, canicule et grand froid (depuis 2004), pluie-inondation, vagues-submersion (depuis 2011) et crues (relai depuis 2020 de l’information du réseau Vigicrues).

Depuis fin novembre, les cartes de vigilance, présentées sous forme de quatre couleurs pour chaque département et dont l'objectif est de permettre au grand public et aux autorités de prendre des mesures anticipées pour se protéger, ont été étendues sur deux jours, contre un seul auparavant.


B.L. avec AFP

Tout
TF1 Info