Météo-France va désormais se baser sur de nouvelles "normales" : qu'est-ce que cela signifie ?

Aurélie Loek
Publié le 27 juin 2022 à 18h14, mis à jour le 28 juin 2022 à 8h24
JT Perso

Source : TF1 Info

Les "normales" climatiques, couramment qualifiées de "saisonnières", permettent de caractériser le climat sur une certaine période.
Appliquées à la température, mais pas seulement, elles sont établies sur une période de trente ans.
À partir du 28 juin, Météo-France se basera sur les normales 1991-2020, marquées par le réchauffement climatique.

C'est une petite révolution qui se prépare depuis début 2021 et qui va s'opérer à Météo-France. À partir du 28 juin 2022, les météorologues vont changer de "normales" de référence. Jusque-là, les différents événements climatiques étaient comparés par rapport à des moyennes établies sur la période 1981-2010. Désormais, afin de mieux coller aux événements climatiques, la période de référence va changer et sera désormais établie sur les valeurs relevées de 1991 à 2020.

De nouvelles normales qui intègrent le changement climatique

"Cette nouvelle période permet d'être le plus possible proche du climat dans lequel nous sommes", nous explique le climatologue de Météo-France, Matthieu Sorel, ajoutant, "si on prenait une référence très ancienne, on aurait des anomalies de températures très fortes, et cela aurait peu de sens pour les gens"

Ces normales concernent les températures, mais pas seulement. Elles portent également sur les précipitations, le vent, l'indice d'humidité des sols ou encore l'enneigement. Suivant les recommandations de l'Organisation météorologique mondiale, agence onusienne, ces normales sont établies sur trente ans, changent tous les dix ans et permettent de comparer les données entre elles et d'intégrer le changement climatique.

En effet, la nouvelle période de référence se révèle beaucoup plus marquée par des événements climatiques extrêmes, qu'il fallait intégrer dans les mesures actuelles. "Cela permet de mieux décrire le climat dans lequel nous vivons", détaille Matthieu Sorel, citant le rapport du Giec qui prévoit des "vagues de chaleur plus précoces, plus tardives, plus intenses et plus fréquentes". Or, "c'est bien ce qu'on observe actuellement", souligne le climatologue, "il y a de plus en plus canicules et de moins en moins de vagues de froid. Ça fait partie du climat que nous avons observé sur cette période et c'est bien évidement pris en compte"

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En termes de températures, les nouvelles normales sont ainsi plus hautes que sur la précédente période, "pour chaque saison et pour chaque région de France". Selon Matthieu Sorel, à l'échelle de la France, la température moyenne passe de 12,6 °C à 13 °C. Depuis 1961 et le début des mesures, cette température augmente progressivement et cela ne semble pas près de s'arrêter. Car le changement climatique se mesure non seulement en comparant les nouvelles normales avec les anciennes, mais aussi par rapport à l'ensemble de la période de référence 1961-1990. "On estime que ce sont les normales les moins marquées par le changement climatique et donc elles nous servent de références pour le caractériser", résume le climatologue de Météo-France.


Aurélie Loek

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