Le cyclone, formé en Atlantique nord vendredi dernier, ne devrait pas frapper violemment les côtes européennes.
Se déplaçant à un rythme lent, il est susceptible de perdre en puissance au fil des jours.
S'il devrait atteindre probablement les îles britanniques, l'échéance de son passage reste encore impossible à prédire.

S'il est pour l'heure impossible de prédire précisément la trajectoire de l'ouragan Danielle, les prévisionnistes s'accordent déjà sur le fait que le cyclone va probablement baisser en intensité avant même d'entrer en contact avec l'Europe. Après s'être développé le 2 septembre dernier à l'ouest des Açores, au milieu de l'océan Atlantique, cet ouragan devrait se maintenir pendant deux à trois jours, avant de s'affaiblir à mesure qu'il s'approche à un rythme lent du nord du continent, en particulier des îles anglo-saxonnes. 

"L'ouragan pourrait tenir jusqu'à mercredi, peut être jeudi matin, puis il devrait faiblir dans la deuxième partie de la semaine sous la forme d'une tempête qui toucherait plutôt ces îles que la France", explique Jean-Noël Degrace, météorologue de Météo France Martinique et spécialiste du risque cyclonique aux Antilles et en Guyane. Tout en appelant à la vigilance sur ces prévisions, qui restent très délicates à réaliser face à la complexité de ces phénomènes météorologiques. 

Un phénomène "on ne peut plus banal"

S'il note que  l'ouragan ne semble déjà pas très intense à l'état actuel, il détaille pourquoi il risque de perdre encore davantage en puissance. "Cet ouragan a des caractéristiques tropicales, mais il devrait arriver en eaux plus froides et rencontrer une structure d'atmosphère de région tempérée et donc se transformer et diminuer en intensité", expose le spécialiste. Un phénomène nommé "transition tropicale". Les ouragans se forment en effet au-dessus des océans, tirant leur énergie de la chaleur de l'eau, grâce à l'évaporation et la condensation. Lorsqu'ils se déplacent en eaux froides, ils manquent ainsi de carburant pour s'alimenter.

Cette trajectoire est lente, ce qui explique qu'au moment où il atteindrait les côtes du Nord de l'Europe, le phénomène "pourrait être repris dans une circulation classique, sous la forme d'un système perturbé avec seulement de gros coups de vents, peut-être des précipitations et des orages, mais à une échéance assez lointaine", poursuit le prévisionniste. Samedi, l'ouragan Danielle pourrait se situer "à peu près à la hauteur de la Manche, mais entre 150 000 et 200 000 km dans l'Océan atlantique"

De manière générale, cet ouragan est un évènement météorologique "on ne peut plus banal", signale le prévisionniste. "Nous avons connu un mois de juillet quasi sans cyclone sur l’Atlantique. Depuis 1950, le début de nos bases de données solides, nous n'avions jamais vu un été si calme. Alors dès qu'il est apparu, il a focalisé toute l'attention, mais des phénomènes de ce type surviennent tous les ans", relativise Jean-Noël Degrace. 


Maëlane LOAËC

Tout
TF1 Info