L'Amérique du Nord frappée par une canicule sans précédent

Près de 50°C au Canada et au Maroc : un dôme de chaleur pourrait-il se former en France ?

C.A.
Publié le 10 juillet 2021 à 9h52, mis à jour le 10 juillet 2021 à 10h17
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

CLIMAT - Les températures ont atteint près de 50°C dans l'ouest du Canada en raison d'un dôme de chaleur. Même phénomène redouté ce week-end au Maroc et en Espagne avec 46°C à 50°C attendus. Un tel dôme de chaleur pourrait-il se produire en France ?

En France, l'été a jusqu'à présent des airs d'automne. Pas de quoi, cependant, être envieux de la situation qu'a connu il y a peu l'ouest canadien et américain, où les températures ont avoisiné les 50 degrés. ou encore le Maroc et l'Espagne où des valeurs records sont attendues ce week-end avec 46°C voir 50°C. Cauchemardesque, cette situation pourrait-elle se produire aussi dans notre pays ?

La France n'est absolument pas à l'abri des dômes de chaleur

Christophe Cassou, climatologue

Ces températures extrêmes sont dues à la formation d'un dôme de chaleur, phénomène lié à un anticyclone de blocage. Autrement dit, les vents contournent la zone d'air chaud sans la pénétrer. Dans le même temps, un anticyclone puissant fait pression vers le sol et comprime l'air, ce qui le réchauffe encore plus. Cette compression d'air chaud asséchant les sols, ceux-ci amplifient à leur tour les températures. Le dôme grandit alors au fur et à mesure et l'air y devient de plus en plus chaud.

"La France n'est absolument pas à l'abri des dômes de chaleur", ceux-ci se mettant en place "de manière aléatoire le long de latitudes tempérées", explique à LCI le climatologue Christophe Cassou, chercheur au CNRS et auteur principal du sixième rapport du Giec. Le pays en a même déjà connu plusieurs. La canicule de 2003, où des températures supérieures à 35 °C avaient été relevées dans les deux tiers des stations du pays, faisant près de 20.000 morts, avait été entraînée par un dôme de chaleur. Même chose pour la canicule de 2019, où le record absolu de température avait été battu dans l'Hérault, avec 46 °C, dépassant les 44,1 °C établis en août 2003 dans le Gard.

Avec le réchauffement climatique, des "mégacanicules" de plus en plus fréquentes

Si le record national de température n’avait pas été pulvérisé comme ce fut le cas au Canada, où il a été battu de 4°C, l'atteinte de températures proches des 50°C est "aujourd’hui possible en France, même si cela ne nous dit pas à quelle échéance on peut s’attendre à vivre la même chose", assure au journal Le Monde Samuel Morin, directeur du Centre national de recherches météorologiques.

Dans un monde plus chaud de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, "ces circulations atmosphériques continueront d'être de plus en plus amplifiées", explique à LCI Christophe Cassou. "Des situations qui pouvaient être chaudes sans être caniculaires le deviennent. Et des situations qui devaient être caniculaires deviennent alors ce qu'on appelle des 'mégacanicules'. Il y a également une forte certitude sur le fait que les vagues de chaleur seront plus longues", développe-t-il.


C.A.

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