Depuis le mois d’août 2021, huit des neuf mois écoulés ont présenté un déficit de pluviométrie en France.
Mai ne devrait pas déroger à la règle avec d’importantes chaleurs attendues.

Les beaux jours arrivent et de nombreux Français comptent profiter du soleil et des températures estivales de ce début de mois de mai. Une situation qui en réjouit plus d’un mais qui, sur le plan météorologique, inquiète alors que la France affiche le plus faible cumul de pluie moyen depuis 11 ans. Le mois de janvier affiche un déficit de pluviométrie de 40%, celui de février de 30%, 40% en mars et 35% en avril. Des cumuls qui correspondent à ce que l'on retrouvait à la même époque pour les grandes sécheresses historiques de 1976, 1993, 1997 et 2011. 

Une situation qui ne devrait pas s’améliorer en mai, alors qu'une vague de chaleur est attendue dès la semaine prochaine, avec des températures pouvant dépasser les 30°C. 

"Pas que le soleil et 20°C"

Si les précipitations de ces prochaines semaines sont scrutées avec attention, c’est que le printemps, et notamment le mois de mai, sont des périodes très importantes pour la nature. Sur Twitter, François Jobard, météorologue à Météo-France, explique : "Le printemps, ça n’est pas que soleil et 20°C. C’est une saison de contrastes, celle des gelées tardives, des dernières tempêtes, des premières chaleurs, des premiers orages, des averses de neige fondues (…) toute pluie y est féconde, la terre boit". 

Selon le professionnel, l’indice d’humidité des sols, déjà très bas en raison des faibles précipitations de ces derniers mois, devrait "continuer à dégringoler au moins jusqu’en deuxième décade de mai à l’échelle de la France". De quoi largement aggraver la situation sur l’ensemble de l’Hexagone, où les nappes phréatiques ont largement souffert du déficit hydrique en avril et mars, période durant laquelle elles se rechargent en profondeur.

Un été plus sec que la normale ?

Dans les régions montagneuses, le printemps est également important avec la fonte des neiges, qui permet d'alimenter les nappes phréatiques. Mais cet hiver 2021/2022 a été particulièrement faible en enneigement sur les grands massifs français, à l’exception des Pyrénées. Dans les Alpes du Sud, au 1er mai, l’équivalent en eau du manteau neigeux est même le deuxième plus faible de la période 1959/2022, derrière 2007, explique Gaétan Heymes, météorologue à Météo-France. 

De quoi aggraver la sécheresse dans ces régions, d’autant que les nuages de sable qui ont balayé la France ces derniers mois semblent avoir accéléré la fonte des neiges par rapport aux autres années. 

Et les prévisions de Météo France pour les trois prochains mois ne laissent que peu de place à l’optimisme. Selon l’organisme, le temps devrait être plus sec que la normale pour les mois de mai, juin et juillet, notamment dans le sud de la France.


Annick BERGER

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