L'épisode de froid qui touche la France est-il vraiment exceptionnel ?

par Marie TERANNE
Publié le 8 janvier 2024 à 14h41

Source : JT 20h WE

Gelées, vent glacial… Ce lundi, les températures ont brutalement chuté en France.
Un phénomène exceptionnel du fait de son impact sur l'ensemble du territoire.
Les experts rappellent toutefois que les températures restent "classiques" pour "une période hivernale".

C'est l'hiver. Le temps anormalement doux qui régnait sur la France en décembre a laissé place à un froid vif. Dans la matinée de lundi 8 janvier, il était prévu que le thermomètre descende en dessous de 0ºC dans plusieurs grandes villes, avec notamment - 1ºC à Vichy, - 2ºC à Rouen, Metz, Strasbourg et Belfort, - 3ºC à Paris, Lille, Reims et Auxerre et jusqu'à - 4ºC à Amiens. Si le mercure doit augmenter au fil de la journée, il devrait rester négatif dans l'après-midi dans le quart nord-est du pays. Mais cet épisode de froid est-il si exceptionnel ?

Fait rare : le froid touche l'ensemble du territoire

Selon les prévisions de Météo-France, l'indicateur thermique national, c'est-à-dire la moyenne des mesures quotidiennes de température moyenne de l’air de 30 stations météorologiques, pourrait même ne pas dépasser 0°C mardi. Un fait qui ne s'est pas produit depuis février 2018. "C'est parce que l'air froid concerne pratiquement tout le territoire", explique Frédéric Nathan, prévisionniste à Météo-France, interrogé par TF1info. "On a déjà eu des journées plus froides, mais cette fois, l'air froid gagne une grande partie du territoire. En général, l'indicateur thermique national n'est pas aussi fort, car il ne concerne que le nord ou le nord-est", interprète le spécialiste.

À l'origine de cet épisode, le "Moscou-Paris", un vent froid souvent venu de Russie et d'Europe du Nord. "Dans ce cas précis, l'air froid est arrivé en deux temps, d'abord il est arrivé de Scandinavie, et dans un deuxième temps ce sont des restes d'air froid arrivés de Pologne", détaille Frédéric Nathan, qui constate que la France connaît moins régulièrement ce phénomène depuis plusieurs années, dans le contexte du changement climatique dû aux activités humaines. "Attention, il faut savoir qu'avec un 'Moscou-Paris', les températures peuvent descendre beaucoup plus bas", rappelle-t-il.

Le courant d'air froid est ainsi connu pour son vent glacial et très sec. Au-delà des températures négatives qui s'annoncent, le ressenti en plein vent s'annonce d'autant plus froid. "On sent tout de suite la petite bise, le vent nord-est. C'est ce qu'on appelle le refroidissement éolien, l'air froid chasse la petite pellicule d'air chaud que le corps fabrique. Le corps va donc puiser de l'énergie pour fabriquer cette couche de protection. C'est ce qui explique pourquoi le vent favorise cette sensation de froid", poursuit Frédéric Nathan.

Une période hivernale tout de même classique

"Mais nous sommes dans une période hivernale assez classique", nuance l'expert. "En hiver, c'est normal de se retrouver en dessous des normales. Sur les 30 dernières années, on calcule une moyenne climatologique sur la France, et de façon normale, on a autant de périodes en dessous de cette courbe qu'au-dessus", précise Frédéric Nathan. Plus extraordinaire à l'inverse : avoir été, pendant plusieurs semaines consécutives, au-dessus de cette courbe, sans jamais descendre en dessous des normales.

Ce lundi après-midi, Météo France prévoit, sur un certain nombre de villes, des températures autour de 0 et -1 degré entre l'Île-de-France, le centre, et le nord-est. "Globalement, le climat se réchauffe et pour l'instant, on n'enregistre pas de températures exceptionnelles du tout", renchérit le prévisionniste.

L'organisme météo ne parle d'ailleurs pas de "vague de froid" mais d'un "épisode de froid". Pour être qualifié de vague de froid, l'événement doit être "durable", c'est-à-dire que les températures restent à des niveaux bas pendant au moins trois jours. Par ailleurs, l'indicateur thermique national doit passer au moins une fois en dessous des -2°C et "ne pas remonter durablement (deux jours ou plus) au-dessus de 0,9°C", selon Météo-France. "Ici ce n'est pas le cas (...). Mardi doit être la journée la plus froide, (selon les prévisions). On va tourner autour de 0 degré", commente Frédéric Nathan. 


Marie TERANNE

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