Le mois de mai a été particulièrement pluvieux sur la majeure partie de la France.
En moyenne, il reste pourtant loin des trois mois de mai les plus arrosés.
Il devrait en revanche devenir l'un des moins ensoleillés.

Un début d'année 2024 placé sous le signe de la pluie. Alors que l'Hexagone est touché par de fréquentes précipitations depuis janvier, ce mois de mai semble des plus maussades pour nombre de Français. Pourtant, selon les données récoltées par Météo-France (qui devront être consolidées ces prochains jours), il reste loin des pires mois de mai recensés depuis le début des mesures. 

"Mai est marqué par un excédent de pluviométrie important, que l'on évalue proche de 50% de pluviométrie supplémentaire en moyenne en France par rapport à un mois de mai classique, mais avec de grandes disparités", signale à TF1info Christine Berne, climatologue à Météo-France.

Globalement, c'est un mois de mai qui a été très arrosé
Christine Berne, climatologue à Météo-France

Dans certaines régions, la pluviométrie a atteint deux fois la normale, soit l'équivalent en précipitation de deux mois de mai en 29 jours, comme du côté de la Vienne, de la Moselle ou du Bas-Rhin, notamment dans les environs de Strasbourg

Pour d'autres en revanche, les cumuls de pluie sont restés proches de la normale ou légèrement excédentaire. "On a quelques zones très rares pour l'instant, mais cela peut encore changer, en Bretagne, dans le sud-est et un petit peu dans la Corse, où les pluies sont un peu en déficit. Mais globalement, c'est un mois de mai qui a été très arrosé", souligne la climatologue.

Beaucoup de pluie... mais surtout très peu de soleil

Les cumuls enregistrés sont ainsi bien moins élevés que ceux des mois de mai de 1981, 1983 et 2013, les trois plus pluvieux depuis le début des mesures. "En mai 2013, on avait eu un excédent de pluie de l'ordre de 60% en moyenne sur le territoire", rappelle Christine Berne. 

Cette année, si le sentiment d'un mois de mai "pourri" est largement partagé, ce pourrait surtout être dû au manque de soleil. Et de fait, mai 2024 devrait se classer parmi les moins ensoleillés jamais enregistrés en France, ce que confirme la spécialiste. "Le fait le plus marquant de ce mois de mai qui a 'plombé les esprits', c'est l'ensoleillement", explique-t-elle. "Il a été très déficitaire sur une grande partie du pays. Et ça, ça a donné cette impression, y compris les jours couverts où il ne pleuvait pas, que le mois de mai était 'désagréable'." Côté températures, là aussi, ces 29 derniers jours ont d'ailleurs été dans les moyennes de saison. 

Le risque de sécheresse pas exclu

Attention toutefois, les précipitations en moyenne excédentaires de ce mois de mai et plus globalement de ce début d'année ne représentent pas un garde-fou contre la sécheresse cet été. "On a depuis quelques mois la chance d'avoir retrouvé une pluviométrie excédentaire, avec un hiver arrosé et un printemps très arrosé en moyenne", note Christine Berne, selon qui la France métropolitaine a retrouvé "un peu de sérénité". 

"Mais attention, ça ne reste que pour ce qui de l'humidité des sols, c'est-à-dire en surface", insiste-t-elle. "Les nappes phréatiques, elles, ne sont pas encore totalement rechargées", avec certaines régions toujours déficitaires comme les Pyrénées-Orientales.

Les météorologues recommandent donc à rester prudents dans l'anticipation de l'été à venir. "À un moment donné, les températures vont redevenir élevées et, si les précipitations font défaut, la réserve sera vie épuisée", prévient la climatologue, relevant qu'on "ne peut pas affirmer qu'il n'y aura pas de sécheresse cet été". Si le mois de juin devrait être épargné, les modèles pour la période estivale prévoient déjà des températures au-dessus des normales de saison pour la période de juillet-août. D'où l'appel à la vigilance de Météo-France. 


Annick BERGER

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