Si l'impact économique des canicules reste peu étudié, plusieurs études donnent une idée de l'ampleur du phénomène.
Bilan humain, dégâts matériels et environnementaux, on fait le point.

Les canicules ont tendance à se multiplier en France et l’impact de ces phénomènes climatiques extrêmes particulièrement meurtriers est encore peu étudié. L’un des premiers rapports sur le sujet, "La France et les Français face à la canicule : les leçons d'une crise", a fait suite à la canicule historique qu’a connu notre pays en 2003.

 Selon ce rapport du Sénat, la canicule de 2003 a amputé la croissance de 0,1 à 0,2 point de PIB sur l'ensemble de l'année, soit entre de 2 à 4,5 milliards d’euros, avec une augmentation de l’inflation, une baisse de la consommation sur de nombreux produits, une production végétale et animale affectée.

Mais à l’époque, le Sénat avait noté l’impact relatif sur l’activité économique : la France en vacances tournait au ralenti. "Si elles ne sont pas négligeables, les conséquences de la canicule sur l'économie française apparaissent toutefois relativement limitées, et surtout fort variables d'un secteur d'activité à l'autre. Il est cependant permis de penser que son impact, tant général que sectoriel, aurait été bien plus lourd, voire dramatique, si l'épisode de canicule était intervenu plus tôt ou s'était prolongé au-delà du 15 août, alors qu'intervient généralement la reprise de l'activité des entreprises", concluait le rapport. 

22 à 37 milliards d'euros sur cinq ans

Plus récemment, en juillet 2021, Santé Publique France s’est intéressée au sujet sur la période 2015-2020. Son analyse porte sur l’ensemble des 96 départements, sauf trois - les Côtes-d’Armor, la Creuse et le Finistère - qui ont connu au moins une vague de chaleur sur la période concernée, et de nombreux départements qui en ont connu plusieurs.  

Et le bilan est saisissant : les épisodes de chaleur extrêmes ont coûté entre 22 et 37 milliards d’euros, selon cette agence. C’est la mortalité "prématurée" qui représente l’essentiel du coût, à quoi s’ajoutent les pertes de bien-être, c’est-à-dire l’activité économique restreinte, la moindre productivité au travail ou encore les restrictions dans les déplacements.

 Si l’on rapporte ces chiffres à la taille de la population exposée, Santé Publique France estime l’impact économique des canicules depuis 2015 à 72 euros par habitant en 2017 et 224 euros par habitant en 2020.

Des dommages en hausse, selon les assurances

Enfin, le secteur des assurances, à travers la Caisse centrale de réassurance, a aussi fait ses calculs. Depuis 1989, le coût des dommages liés à la sécheresse est estimé à 15 milliards d’euros pour la période 1989-2020. Comment parvient-elle à ce chiffre ? À travers l’évaluation des conséquences de la sécheresse sur un logement qui peuvent être catastrophiques : fissures sur les murs et les fondations, affaissement de terrain… Les réparations se chiffrent ainsi en milliers d’euros, sachant que le coût moyen d’un sinistre est estimé à 16.300 euros. Le secteur rappelle qu’aujourd’hui, "autour de 10 millions d’habitations sont exposées au phénomène de sécheresse, mais ce chiffre devrait augmenter".

 Et la facture devrait s’alourdir encore selon la fédération des assurances : en raison de la répétition de ces phénomènes climatiques qui n’épargnent désormais presque plus aucune partie du territoire.


Benjamin DARD

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