Un nouvel épisode de gel pourrait toucher l'Est de la France dans les prochaines nuits.
De quoi inquiéter les viticulteurs qui craignent de perdre une partie de leurs cultures.
Un phénomène d'autant plus redouté que leur raisin est en avance d'au moins deux semaines cette année.

2°C à Colmar, 1°C à Wissembourg et à Mulhouse. Les minimales attendues cette semaine en Alsace inquiètent les agriculteurs, car le gel pourrait faire son retour dès la nuit de dimanche à lundi alors que certaines cultures sont déjà avancées. En 24 ans, jamais Edouard Faller n'avait dû anticiper ainsi. Ce viticulteur du Bas-Rhin, interrogé dans la vidéo en tête de cet article, a disposé des bottes de paille près de ses vignes. Elles pourront ainsi être brûlées en cas de gel, avec l'espoir pour le cultivateur de gagner un petit degré et permettre ainsi à ses vignes de résister aux températures. Il s'agit de "faire un écran de fumée demain matin parce que c'est le soleil qui, en tapant sur les feuilles gelées, va les brûler", explique-t-il.

Les températures froides jusqu'à fin avril, c'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est l'avance de la vigne, qui est due au réchauffement climatique
Un viticulteur

Quand les températures baissent, le gel emprisonne les raisins et agit comme une loupe. Les rayons du soleil risquent alors de brûler les feuilles naissantes. Une situation d'autant plus inquiétante que ses raisins sont déjà en bourgeons. "On est le 20 avril, ils ont poussé, d'habitude c'est comme ça à partir du 10 mai", déplore Edouard Faller. "Ça fait 20 ans qu'on voit démarrer les vignes de plus en plus tôt, les températures froides jusqu'à fin avril, c'est normal. Ce qui n'est pas normal, c'est l'avance de la vigne, qui est due au réchauffement climatique. Pour nous, ça a une incidence très claire"

Pour gagner quelques degrés, l'agriculteur a aussi fauché l'herbe entre ses vignes, afin que le gel se fixe au ras du sol. Ces actions de prévention ont été entamées dès samedi par plusieurs viticulteurs de la région. Car si le gel sévit trop fort, c'est 95% de la production d'Edouard Faller qui risque d'être détruite. Même situation pour les mirabelles qui sont aussi en avance de 15 jours. Mais pour ces cultures-là, les solutions n'existent pas. "On ne peut absolument rien faire parce que ce sont des petits arbres, tout ce qui est comme ça, petites plantes, ça subira les dégâts du gel si on descend à -2°C, -3°C", déplore le viticulteur.


E.R. | Reportage : Khélian Yousfi, Eric Schings

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